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Actualité durable

Utile et judicieuse, l’idée SMart

Entretien avec Julek Jurowicz, fondateur de la SMart

Entretien avec Julek Jurowicz, fondateur de la SMart

“SMart” vous fait peut-être penser à la voiture ou à un adjectif en anglais ? Orientée vers le secteur des arts et de la création, cette association encadre en fait le travail des professionnels du secteur et défend leurs intérêts socio-économiques. Une formule inédite, pour un succès social indéniable.

Un statut professionnel stable, c’est un luxe dans lequel les artistes, techniciens du spectacle ou encore journalistes ne baignent pas forcément. Leur réalité : l’intermittence de l’emploi. Abonnés aux statuts précaires et aux contrats irréguliers, ces professionnels doivent jongler avec les paiements au cachet et à la pige, les droits d’auteur… Une situation difficile à gérer d’un point de vue administratif. Du moins, jusqu’à l’apparition de SMart (*).

« Il faut lutter pour qu’intermittence ne soit pas synonyme de précarité ».

Julek Jurowicz

Car depuis 1998, ce groupe propose aux artistes et travailleurs intermittents des outils pour stabiliser leurs conditions de travail et de non-travail. Au fil des années, SMart a développé des services adaptés à leur réalité : la gestion de contrats et d’activités, des services financiers à la création ou l’aide à l’acquisition de matériel professionnel, les conseils juridiques, la formation, etc.

À l’origine de cette initiative, deux belges. Pour Julek Jurowicz, administrateur délégué et cofondateur de cette structure, le savoir-faire s’est bâti par l’expérience. « Avec Pierre Burnotte (l’autre cofondateur, NdlR), nous avons appris notre métier à partir des demandes des gens. Quand nous avons débuté, nous traitions ces dossiers individuellement. Cela demandait un temps considérable que ces personnes n’étaient pas en mesure de payer. SMart a vu le jour avec la vocation de poursuivre dans cette voie, mais en créant des procédures et en les automatisant afin que des besoins standards puissent être résolus de façon standard à des coûts abordables. »

Un modèle d’utilité sociale pour l’Europe

Et la formule se révèle gagnante : SMart aujourd’hui, ce sont près de 55.000 membres – ne dites pas « clients » ! – dans notre pays. L’ensemble de leurs prestations se chiffrent à 120 millions d’euros. Outre ses dix bureaux régionaux, le groupe dispose de partenaires dans dix pays d’Europe, dont la France, la Suède, le Royaume-Uni ou encore l’Autriche.

Mais pour Julek Jurowicz, le « succès d’utilité » prime sur le succès économique. « Vu la réussite de notre modèle, nous ne devons plus convaincre que c’est une bonne idée. Mais nous veillons à travailler avec des gens qui sont prêts à le reproduire en l’adaptant aux spécificités de leurs législations et à leurs besoins. » C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils préparent un cahier des charges générique applicable partout en Europe. Une sorte de « moteur » sur lequel les acteurs locaux n’auraient qu’à greffer leur « carrosserie ». Et d’autres catégories de travailleurs pourraient également bientôt bénéficier de ce modèle.

Voici donc un exemple d’initiative positive qui continue sur sa lancée. La Banque Triodos a consenti des crédits pour l’achat et la rénovation de leurs bâtiments.

De plus en plus de professions concernées

Pour le futur, Julek Jurowicz voit large et à très long terme.  « Nous faisons face à ce que les Français nomment ‘une fissure dans le continent salarial’ et celle-ci s’étend. On voit apparaître en quantité non négligeable des gens qui sont obligés de travailler au projet. Cela se manifeste dans beaucoup de professions, jusqu’au chercheur universitaire, par exemple. Notre système social est précieux, mais il faut aller vers quelque chose qui soit mieux réparti. Pour que tout le monde ait les mêmes droits et que la Sécu devienne principalement un instrument de soutien dans les moments de transition entre les périodes de travail. »

Julek Jurowicz
Des centrales nucléaires à l’encadrement d’artistes

Ingénieur civil de formation, Julek Jurowicz a passé la première partie de sa vie professionnelle dans le secteur des centrales nucléaires. « Mais Tchernobyl est passé par là, explique-t-il, et les projets sur lesquels je travaillais se sont arrêtés ».

Une reconversion s’imposait donc. « Comme j’avais aussi un diplôme d’ingénieur commercial, je pensais mettre sur pied un cabinet de conseil fiscal. Mais dans le cadre de mes relations familiales, j’étais en contact avec de nombreux artistes qui étaient confrontés à des difficultés administratives. De fil en aiguille, mes activités ont peu à peu dévié vers ce qui est devenu SMartBe. »

 

(*) Société Mutuelle pour Artiste

 

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Rita Il y a 3 années

Evidemment que c’est formidable