Ce site utilise des cookies. En continuant à naviguer sur le site, vous en acceptez l'utilisation. En savoir plus sur l’utilisation des cookies.

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close

rencontre

Le Brussels Philharmonic est un concentré de beauté

Gunther Broucke, intendant du Brussels Philharmonic, est "Manager de l'année 2016"

Gunther Broucke, intendant du Brussels Philharmonic, est "Manager de l'année 2016"

Depuis le mois dernier, le Brussels Philharmonic est client crédit auprès de la Banque Triodos. Au cours du même mois, l’intendant Gunther Broucke a été élu par la Vlaamse Vereniging voor Bestuur en Beleid (la VVBB, l’association flamande d’administration et de gestion) “Manager de l’année 2016”. Un karma favorable ? Qui sait !

A la tête aussi bien de l’orchestre que du Vlaams Radio Koor, ce n’est pas la première fois qu’un prix leur est attribué. Le point d’orgue fut l’Oscar qui a récompensé la composition de Ludovic Bource pour le film muet ‘The Artist’, réalisé par le Brussels Philharmonic. Le VVBB l’a choisi comme lauréat pour “(…) le chemin exaltant, difficile mais innovant, qu’il a parcouru avec le Brussels Philharmonic et le Vlaams Radio Koor au cours des dix années écoulées.”

Une lueur d’espoir pour notre capitale

 

En quoi ce couronnement est-il important pour vous ?

Gunther Broucke : “Cette distinction fut avant tout une surprise. Vous ne prenez pas la peine de marquer un temps d’arrêt, vous continuez, tout simplement. Et cela fait du bien quand on le souligne. Bien entendu, c’est très flatteur au niveau personnel, mais je suis avant tout content pour deux autres raisons. D’une part, le fait que le prix ait été décerné à une entreprise culturelle. Le secteur le mérite vraiment. Il n’apparait pas clairement à tout le monde que les organisations culturelles ont besoin d’entrepreneurs et de gestionnaires qualifiés. Et d’autre part, que le VVBB ait choisi une organisation bruxelloise. Après les attentats du 22 mars de l’an dernier, c’est une lueur d’espoir pour notre capitale.”

Le travail d’entrepreneur culturel est-il plus difficile qu’il y a dix ou vingt ans ? Comment survivez-vous en tant qu’acteur culturel dans le paysage actuel ?

GB: “Je ne participe pas à l’agitation qui anime le secteur. Une grande partie de la responsabilité se trouve entre vos mains. Comparons cela aux embouteillages : vous n’êtes pas dans les bouchons : vous êtes le bouchon. Il en va de même pour l’orchestre. Nos musiciens ne font pas partie du Brussels Philharmonic, ils sont l’orchestre.

Pointer les autres du doigt quand les choses ne vont pas trop bien ne résout rien. Des phrases du style “C’est perdu d’avance”, ça ne veut rien dire. Ça veut dire quoi, d’avance ? Le trajet n’est pas toujours facile, en effet et nous repoussons sans cesse les limites de notre propre résistance. Mais nous sommes responsables de notre propre pertinence et de notre crédibilité. “Bien jouer” ne suffit pas. Nous visons l’excellence. A la fin de la journée, nous voulons présenter le meilleur produit possible.”

“Si vous ne pouvez voir la valeur ajoutée pour une société d’un tel projet international qui crée de la beauté pour tous, vous ne la verrez nulle part.”

Gunther Broucke

Les subsides et les moyens de financement supplémentaires

 

GB: “Ce qui ne m’empêche pas de penser que les subsides sont licites. Ce qui me rend nerveux, en revanche, c’est le concept de “possibilités de financement alternatif”. J’en ai déjà souvent débattu avec Sven Gatz (Ministre flamand de la culture, ndlr). Je préfèrerais appeler cela des “moyens de financement supplémentaires”. La première description implique qu’une fois l’alternative trouvée, les autorités peuvent se retirer. Mais notre organisation est une enfant des institutions flamandes. La Flandre est donc responsable de son bien-être. Si nous faisons bien les choses, sommes suffisamment créatifs et entreprenants que pour trouver des financements supplémentaires, nous méritons des lauriers. Et les pouvoirs publics ne peuvent que s’en féliciter, non ? Ce n’est pas une raison pour nous abandonner à notre sort. Aujourd’hui, le Ministre Gatz utilise le terme “financement complémentaire”. C’est déjà mieux (rires).

Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Ainsi, le système de shelter pourrait également être appliqué aux avoirs personnels. Toute l’épargne des particuliers dort inutilement sur des comptes bancaires alors qu’elle pourrait contribuer à faire de si belles choses.”

Le VVBB vous a décerné le prix à titre de récompense pour le chemin exaltant, difficile mais innovant parcouru avec le Brussels Philharmonic et le Vlaams Radio Koor au cours des dix années écoulées, mais également pour votre “concertation politique”. Que devons-nous comprendre par là ?

GB: “Il vaut peut-être mieux le demander au VVBB (rires). Mais c’est en effet un aspect important de mon travail au quotidien. Nous sommes un orchestre de la Communauté flamande, ce  qui veut dire que tout le monde y contribue. Le Parlement flamand, la Commission de la Culture, la société. Dans la mesure du possible, j’essaie toujours d’informer toutes les parties. Ce dialogue est essentiel.”

 

Un bureau d’un mètre carré

 

Quelle place accordez-vous à la culture dans notre société ?

GB : “Un projet comme le Brussels Philharmonic illustre cela à la perfection. Nous sommes un orchestre composé de pas moins de 19 nationalités. Nos 80 à 90 musiciens se réunissent chaque jour pour répéter. Le lieu de travail d’un musicien d’orchestre ne dépasse pas 1 m² sans fenêtres et il est entouré par 80 autres musiciens, tous sur leur mètre carré ! Imaginez que ce soit votre lieu de travail. Et quand on sait ce qui se crée dans ce pré carré…

Tout le monde devrait un jour s’asseoir sur une chaise en plein milieu d’un orchestre. Ce que vous ressentez alors est indescriptible. Vous sentez les musiciens communiquer entre eux lorsqu’ils jouent par le biais de leur respiration, de leur corps, chacun dans son mètre carré respectif mais, malgré tout, ensemble. C’est une belle expérience esthétique. Si vous ne pouvez voir la valeur ajoutée pour une société d’un tel projet international qui crée de la beauté pour tous, vous ne la verrez nulle part.”

 

“Pour moi, il est d’une nécessité absolue qu’un partenaire non seulement croie en nous, mais aussi en lui-même. J’attends de tous nos partenaires de l’intégrité. Aussi de notre banque, donc.”

Gunther Broucke

Pour la Banque Triodos, la culture est un secteur important dans lequel elle continuera à investir. L’inverse est-il également vrai ? Autrement dit, qu’est-ce qui a motivé votre choix pour la Banque Triodos ?

GB: “Il y a le côté purement technique : que peut proposer un partenaire financier ? Quand je recherche une chef d’orchestre, il doit pouvoir diriger. Notre chauffeur de camion doit pouvoir conduire. Je demande la même chose à ma banque. Et jusqu’à présent, la Banque Triodos y parvient.

Parallèlement à cela, ces types de choix gagnent en importance. Je trouve cela fantastique que la Banque Triodos souhaite nous financer parce qu’ils aiment notre musique, mais ce n’est pas suffisant. Pour moi, il est d’une nécessité absolue qu’un partenaire non seulement croie en nous, mais aussi en lui-même. L’identification d’un partenaire à son propre projet est essentielle. C’est également la raison pour laquelle nous n’acceptons jamais de sponsoring anonyme. La relation entre un investisseur, son argent et le projet ne doit pas se limiter au seul produit. J’attends de tous nos partenaires de l’intégrité. Aussi de notre banque, donc. Et nous avons trouvé cet élément auprès de la Banque Triodos.”

www.brusselsphilharmonic.be

 

Culture & Argent
16/03/2017 à Charleroi

La Banque Triodos, Prométhéa et St’art organisent un cycle de conférences sur les diverses sources de financement dans le secteur culturel. Assistez à une présentation des outils de financement alternatifs, écoutez les témoignages d’entrepreneurs culturels et rencontrez ceux qui pourront vous aider dans votre recherche de financement. Inscription gratuite ici.

 

Que pensez-vous de "Le Brussels Philharmonic est un concentré de beauté"?

Veuillez écrire un commentaire.

Veuillez introduire votre nom.