Ce site utilise des cookies. En continuant à naviguer sur le site, vous en acceptez l'utilisation. En savoir plus sur l’utilisation des cookies.

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close

Dossier

Des équipements équitables

Triodos Research réalise une étude sur les minéraux de conflit

Triodos Research réalise une étude sur les minéraux de conflit

Nous ne pouvons plus nous passer de nos téléphones mobiles, ordinateurs portables et systèmes de navigation. On en produit toujours plus. Cela entraîne une demande croissante en minéraux comme l’or, l’étain, le tungstène et le tantale, qui interviennent dans la fabrication de ces appareils. Mais ces minéraux sont souvent extraits dans des régions ravagées par des conflits, notamment la République démocratique du Congo (RDC), et le produit de leur vente sert souvent à alimenter les caisses de la guerre. Triodos Research étudie si les entreprises utilisent des minéraux extraits de façon équitable.

Parce qu’ils proviennent de régions ravagées par les conflits, on les appelle minéraux de conflit. Comme utilisateur de smartphone fabriqué, entre autres, à partir de minéraux de conflit, vous ne voulez vraisemblablement pas être impliqué dans une violation des droits de l’homme. Mais en quoi pouvez-vous influer là-dessus comme consommateur ?

Une attitude critique

Si, par exemple, vous achetez une barre de chocolat issu du commerce équitable, vous soutenez la demande en chocolat issu de la production équitable. Si le nombre de consommateurs à privilégier ce comportement d’achat augmente, alors le nombre de producteurs de cacao équitablement rémunérés augmente lui aussi. Mais contrairement à ce qui est pour le chocolat, il n’est pas possible aujourd’hui d’acheter un appareil mobile avec un label équitable reconnu. Il est donc difficile pour les consommateurs de faire entendre leur voix pour demander des équipements équitables. Fairphone constitue l’une des rares exceptions dans ce domaine et fournit pour ses appareils, par exemple, une idée complète de la chaîne de production. La Banque Triodos plaide en faveur d’une généralisation de cette transparence.

Washing the copper ore

Une des mines du Congo où Fairphone extrait des minéraux équitables.

 

L’Europe et les droits de l’homme

Les États-Unis contraignent les entreprises à rendre transparent l’usage des fameux minéraux 3TG (voir encadré). Cette législation fournit aux consommateurs, mais également aux investisseurs, les informations qui leur permettent de privilégier une entreprise qui n’emploie pas de minéraux de conflit. Pour l’heure, Le 20 mai 2015, le Parlement européen a voté en faveur de l’instauration d’un système de contrôle obligatoire. Par cette décision, il durcit la proposition initiale de la Commission européenne privilégiant un mécanisme d’auto-certification sur base volontaire. La résolution du Parlement européen s’applique à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement en minerais et devrait donc avoir un impact sur quelque 800.000 entreprises européennes. Après le vote du Parlement européen sur ce dossier, il est prévu qu’un “trialogue”, c’est-à-dire une négociation entre le Parlement, le Conseil européen et la Commission européenne, ait lieu à l’automne afin de préciser le contenu définitif de la loi.

Quels sont les minéraux de conflit ?

Quatre matières premières répondent aux critères de minéraux de conflit : Tantale (Coltan), étain, tungstène (wolfram) et or (3TG), qui sont surtout extraits en République démocratique du Congo (RDC), mais également dans les pays voisins, dont l’Angola, le Burundi, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie. Les mines sont souvent aux mains de groupes rebelles et les produits de vente servent à financer leurs armes. Les matières premières se retrouvent souvent dans les téléphones et les ordinateurs portables utilisés dans le monde entier. Aux États-Unis, depuis 2010, les entreprises qui font usage de ces minéraux sont tenues d’indiquer dans un rapport si ceux-ci proviennent de République démocratique du Congo ou de pays limitrophes. Ou bien elles doivent prouver que leurs produits ne sont pas des minéraux de conflit. En Europe, cette législation n’existe pas encore.

Conjointement avec d’autres investisseurs, la Banque Triodos a lancé un appel visant également à instaurer une législation plus sévère en Europe. D’une étude récente menée par le Centre for Research on Multinational Corporations (SOMO) aux Pays-Bas ressort que peu d’entreprises européennes indiquent officiellement si elles font usage ou pas de minéraux de conflit. Arthur van Mansvelt de Triodos Research trouve cette évolution préoccupante : « Si les entreprises européennes ne rendent pas compte de l’origine de leurs matières premières, il se peut que les investisseurs participent, sans le savoir, à la violation des droits de l’homme dans les régions de conflits, ne serait-ce que de façon indirecte. L’absence d’information de ce type rend impossible pour les clients et les investisseurs de privilégier des entreprises qui s’engagent à faire le choix de minéraux équitables. »

Le lavage du tungstène, un des minéraux 3TG.

Le lavage du tungstène, un des minéraux 3TG.

Appel aux entreprises

En 2014, Triodos Research a, conjointement avec six autres investisseurs durables, sondé 13 entreprises européennes à propos de l’utilisation de minéraux de conflit. Quatre entreprises ont indiqué, directement ou indirectement, devoir se conformer à la législation américaine. Les constructeurs d’éoliennes Gamesa et Vestas se sont montrés enclins à examiner leur chaîne d’approvisionnement et envisager d’autres solutions pour l’avenir. De leur côté également, les entreprises de technologie de la santé Gerresheimer et Fresenius Medical Care et les producteurs d’automobile Renault et Volkswagen ont déclaré qu’ils étudiaient le risque d’utilisation de minéraux de conflit.
Qu’en percevez-vous comme consommateur ? Des entreprises vont-elles utiliser une étiquette ou un label indiquant la provenance des matériaux ? Selon Arthur van Mansvelt, ce n’est pas le cas. « Admettons que vous achetiez une bague en or, vous pouvez demander au bijoutier d’où provient l’or. Mais dans le cas d’un ordinateur portable ou d’un téléphone mobile, c’est déjà un peu plus difficile et les consommateurs le font rarement. Pour l’instant, les entreprises sont peu enclines à acheter des minéraux de façon responsable. La situation est différente avec une transparence obligatoire. Aux États-Unis, nous en avons clairement vu l’effet : avant l’entrée en application de la loi, seules quelques grandes marques pratiquaient la transparence, alors qu’aujourd’hui, des milliers d’entreprises doivent la garantir pour leur chaîne. Ce qui fait que la demande en minéraux extraits de façon responsable augmente. Nous estimons qu’il est du devoir de l’Europe de soutenir cette tendance par une législation appropriée. »

Vestas est-elle également sur la bonne voie ? Absolument !

Au début 2014, le constructeur d’éoliennes Vestas n’avait pas encore abordé la question des minéraux de conflit. Mais le dialogue que nous avons eu avec Vestas à propos de l’extraction des minéraux de conflit en République démocratique du Congo et dans les pays voisins et à propos des risques de violation des droits de l’homme a décidé l’entreprise à rendre sa politique plus active en la matière. Avant cela, l’entreprise pratiquait déjà une politique étendue concernant la question des droits de l’homme et suivait, par exemple, les problèmes relatifs à l’extraction du néodyme, un métal rare nécessaire pour les aimants des génératrices. Mais en réponse à nos questions, l’entreprise a confirmé que de l’étain et du coltan étaient également utilisés dans les génératrices. Dans le courant de 2014, Vestas et ses fournisseurs ont entamé le dialogue à propos de l’usage et de la provenance des minéraux en question.

Contribuer à un changement positif

La situation change : les entreprises leaders de l’extraction des minéraux 3TG mettent sur pied des chaînes spéciales et contrôlées en RDC. Une évolution importante dans ce domaine est la création de fondeurs hors conflits, chez qui les producteurs peuvent acquérir leurs matières premières. Jusqu’à présent, 146 fondeurs se prévalent du label « hors conflit ». En achetant les minéraux chez ces fondeurs, la demande en minéraux issus de l’extraction équitable augmente. Grâce à l’exigence minimale concernant l’utilisation de minéraux, les demandes aux entreprises et l’appel lancé à la classe politique, la Banque Triodos plaide clairement en faveur d’une extraction responsable des minéraux. Vous pouvez également soutenir ce processus en tant que consommateurs en posant des questions ou en contrôlant sur Internet si une entreprise produit un « rapport sur l’utilisation des minéraux des conflits ». Vous encouragerez ainsi la production de produits équitables.

Triodos
Research

Les fonds d’investissement proposés par la Banque Triodos investissent dans des entreprises cotées en Bourse. Seules les entreprises obtenant de meilleurs résultats que leurs concurrentes dans leur secteur sont éligibles pour investissement. Triodos Research mène l’analyse à propos de la durabilité de ces entreprises cotées en Bourse.

Les droits de l’ensemble des images de l’article appartiennent à Fairphone.

Que pensez-vous de "Des équipements équitables"?

Veuillez écrire un commentaire.

Veuillez introduire votre nom.