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Le secteur de la Culture 2.0: place à l’interaction et l’audace

Pourrions-nous survivre sans culture ? Une question qui, posée dans le contexte des fêtes de Gand semble dérisoire. Pourtant, il y a encore beaucoup de gens qui ne s’intéressent pas aux évènements culturels. Ou des artistes pour lesquels les portes des maisons de la culture restent closes. Le cinquième jour des tables rondes ‘Tafelklap’ de la Banque Triodos rassemble quelques passionnés pour discuter de ce sujet.

Un chiffre est immédiatement avancé sur la table : 75% des Flamands participent d’une manière ou d’une autre à la vie culturelle. “Est-il donc nécessaire d’en débattre ?”, se demande la modératrice Greet Samyn. Pour Franky Devos, coordonnateur général du centre artistique Vooruit, une chose est claire : au niveau européen, nous sommes l’exception qui confirme la règle. “Ces 75% signifient également qu’il y a 25% de Flamands qui ne participent même pas une fois par an à une manifestation culturelle.”

“Voir à quel point la Flandre, en tant que petite communauté, parvient à être présente sur la scène internationale est formidable.”

Franky Devos, du Vooruit

Une offre culturelle plus inclusive

Il s’agit souvent de gens en situation précaire ou de gens issus de l’immigration qui ne se sentent pas vraiment attirés par l’offre. Mais il s’agit également de personnes seules qui n’ont pas envie de sortir seules, semble-t-il. Que faut-il faire dès lors pour les inciter à participer ? “Je ne pense pas que le secteur culturel puisse offrir une solution à la précarité”, déclare Franky Devos. “Mais nous avons un rôle à jouer. Le centre artistique Vooruit est par exemple le plus grand utilisateur du forfait UiTPAS, qui permet à ses détenteurs de ne payer que 20% du prix de base. Nous essayons ainsi de casser l’obstacle financier.” Mais les services au public ont également un rôle important à jouer. “Quatre personnes sur dix qui habitent à proximité du Vooruit sont des personnes isolées. Il est donc presque impossible d’entrer en contact avec elles par simple communication. Il faut quelqu’un sur le terrain qui travaille spécifiquement sur la thématique en essayant de rapprocher les gens et en créant de petits groupes homogènes.”

 

L’interaction avec le public

Comme toute entreprise, un centre culturel prend le temps de réfléchir, précise Franky Devos. “Nous pensons pour l’instant encore trop souvent que le public achète un billet pour assister passivement au spectacle. Aujourd’hui, le public veut pouvoir interagir avec ce qui se passe sur scène. Il y a clairement un changement à ce niveau-là.” Frank, membre du duo d’artistes gantois Robbert&Frank/Frank&Robbert, rejoint Franky Devos sur ce point. “Soulignons à ce propos l’importance du numérique. Nous sommes actifs sur les médias sociaux et postons régulièrement des questions ou recevons des messages de nature à nous inspirer. Nous remarquons que les gens ont envie de participer activement. Ainsi, nous pouvons gagner en sympathie et réduire les obstacles.”

 

Un contexte culturel de plus en plus compétitif

Et qu’en est-il des artistes eux-mêmes ? Rencontrent-ils aussi des obstacles ? Une femme dans le public qui est aussi artiste souligne que les programmateurs évoluent encore trop souvent dans un cocon. “Il faut parfois vraiment se battre pour pouvoir entrer.” Frank l’a aussi constaté : “L’époque où les maisons de la culture vous attendaient à bras ouverts est révolue. L’offre est si grande qu’il faut dorénavant prendre soi-même l’initiative et parfois même être doté d’une certaine arrogance pour exiger l’attention, qu’il s’agisse d’une maison de la culture ou d’expositions en rue.”

Franky Devos comprend les critiques. “En fait, le boulot traditionnel de programmateur n’est plus ce qu’il était. Nous devons par exemple de plus en plus souvent aller écouter des jeunes de 18 ans qui se sont spécialisés dans un genre musical niche. Il faut tout le temps être à l’affût. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut gagner un nouveau public et donner la voix à d’autre artistes.”

 

Eveiller une curiosité à la culture

Tout le monde autour de la table s’accorde pour dire que les centres culturels locaux ont aussi une mission importante à remplir à cet égard. “Ils programment encore trop souvent une offre populaire avec des artistes connus pour être sûrs que les billets vont se vendre”, explique Franky Devos. “Mais il faut aussi oser. Parfois, j’entends dire : ‘Oui, mais dans notre commune ou ville, personne n’aime la danse.’ Ce n’est pas vrai, il y a des gens qui aiment la danse, mais il faut continuer à investir et à susciter l’intérêt, et ça ne se fait pas en un jour. Les gens ne naissent pas en aimant la danse. Il faut continuer à les surprendre et à éveiller leur curiosité.”

 

Photo: Lies Warlop

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Detry Marie Il y a 2 mois

La culture c’est aussi l’expression de la différence, de la variété. Elle mets à jour les questions qui sommeillent en dessous de la surface, elle apporte l’expression du Beau, du Bien, du Bon tellement important : cela nourrit nos coeurs. Et cela bouscule les rigidités, les fonctionements établis. La culture est mouvement et vie. A soutenir absolument!
Intéressant de lire qu’il faut que les artistes soient dotés d’une dose d’arrogance pour obtenir l’attention dans le foisonement de l’offre et aussi le souci d’être rentable des organisateurs publiques.