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Rencontre

Wendy Luhabe

L'entrepreneuriat social et la responsabilité des des institutions financiers

L'entrepreneuriat social et la responsabilité des des institutions financiers

Outre sa brillante carrière au sein de conseils d’administration d’entreprises sud-africaines, Wendy Luhabe est une pionnière dans la stimulation du rôle actif et de l’autosuffisance économique des femmes dans son pays. Elle défend avec ferveur l’entrepreneuriat social et est convaincue du potentiel du capital humain.

Quel est votre message à l’adresse des banquiers ?

Les modèles de croissance économique actuels ne fonctionnent plus. La valeur totale d’une économie ne se résume pas au PIB. Celui-ci exclut l’élément le plus important : le capital humain et notre valeur dans l’économie. Le secteur bancaire porte donc – comme tout autre secteur – la responsabilité d’utiliser ses produits et services pour sortir les gens de la pauvreté, plutôt que de les y enfoncer en les endettant par exemple. Les banques ont l’obligation morale d’inciter les consommateurs à vivre selon leurs moyens. Elles doivent davantage réfléchir à leur rôle dans les causes de pauvreté.

Combler le fossé entre les femmes et l’économie est un fil rouge qui traverse toutes vos entreprises. Qu’est-ce qui vous motive ?

Je crois fermement au potentiel du capital humain comme moteur de croissance, d’égalité, de justice économique et de prospérité. Un peu partout dans le monde, les femmes sont sous-valorisées et notre contribution à la société se perd ou est sous-estimée. Il est essentiel que les femmes soient armées et encouragées à assumer leur rôle légitime dans tous les aspects de la société. L’ingéniosité humaine réside dans le potentiel humain, pas dans notre bilan. Le monde devrait faire davantage pour développer le capital humain et créer des opportunités pour que les hommes autant que les femmes puissent apporter une contribution significative.

 

« Les institutions financières doivent revoir leur rôle et leur responsabilité sociale. »

Wendy Luhabe.

Les conditions des femmes sud-africaines se sont-elles améliorées comme vous l’aviez imaginé lors de la fondation de Women Investment Portfolio Holdings et du fonds d’investissement privé pour les entreprises dirigées par des femmes ?

En 1994, lorsque l’Afrique du Sud est devenue une démocratie, les femmes ont fait au moins dix pas en avant. Malheureusement, elles ont fait dix pas en arrière ces dix dernières années. Les femmes doivent prendre leurs responsabilités et contribuer à la société. Nous devons également davantage collaborer autour de points communs, partager des expériences pour apprendre les unes des autres et accompagner des femmes plus jeunes.

Vous travaillez dans un contexte international. Les défis des femmes sud-africaines sont-ils différents de ceux des femmes du reste du continent africain, d’Amérique du Nord ou d’Amérique latine ?

Les femmes font face aux mêmes défis, car l’origine et les causes de ces défis sont identiques. Seules les circonstances varient. L’oppression est plus grave dans certains pays que dans d’autres et chaque partie du monde avance une série d’arguments pour justifier qu’une femme doive uniquement faire des enfants et rester au foyer. Les incidents à Malala au Pakistan et les viols en Inde ne sont que quelques exemples.

Comment définissez-vous l’entrepreneuriat social et qu’est-ce qui est nécessaire pour le développer ?

Il s’agit de la création d’une entreprise pour avoir un impact social par une approche, des idées ou un modèle d’empowerment. Pour ce faire, il faut reconnaître que le monde des affaires porte une responsabilité qui va plus loin que la création de bénéfices ou d’emplois. Nous devons armer les gens pour qu’ils puissent contribuer à une vision commune. Les plus jeunes générations travaillent déjà avec de tels modèles d’affaires. J’en rencontre beaucoup qui veulent apporter quelque chose en retour à la société et faire une différence. Je suis convaincue qu’avec la croissance explosive des médias sociaux, cette approche de l’économie va gagner du terrain.

« Le niveau de cupidité et de corruption dans la société est du jamais vu. C’est un problème de système de valeurs humaines. »

Wendy Luhabe

Quel rôle attendez-vous des banques dans ce processus ?

Ici, en Afrique du Sud, il y a déjà des banques comme Capitec Bank, qui amènent une révolution dans le secteur en donnant accès à des ‘exclus bancaires’ et en pratiquant des tarifs abordables. Les institutions financières doivent jouer leur rôle social et réévaluer leur responsabilité. Elles doivent revoir leur modèle d’affaires, car si elles n’adaptent pas leur forme actuelle, la technologie les rendra inutiles.

Les défis mondiaux sont nombreux : changement climatique, santé, sécurité alimentaire, inégalités sociales croissantes … Pensez-vous que l’entrepreneuriat social est la solution ?

L’entrepreneuriat social n’est qu’une des solutions. La solution fondamentale concerne les valeurs humaines, notre comportement vis-à-vis des autres, les matières premières, les droits de propriété et les opportunités. Le niveau de cupidité et de corruption dans la société est du jamais vu. C’est un problème de système de valeurs humaines. Nous avons dans une large mesure créé nous-mêmes ces défis à travers notre manière de penser, notre comportement et nos valeurs. Nous pensons que nous avons tout sous contrôle, mais on nous rappelle chaque jour que nous ne sommes qu’une petite partie insignifiante de la création.

 

Wendy Luhabe
Curriculum Vitae

Wendy Luhabe a cofondé Women Investment Portfolio Holdings, la première entreprise détenue par des femmes qui a été cotée à la Bourse de Johannesbourg. Et son fonds d’investissement privé pour des entreprises dirigées par des femmes, pesant plusieurs millions, a constitué un fer de lance de l’économie sud-africaine.
http://www.wiphold.com/

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