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dossier

Quel entrepreneur mérite le Prix de la Citoyenneté ?

Une opinion de Frans De Clerck

Une opinion de Frans De Clerck

Frans De Clerck est un des deux lauréats du Prix de la Citoyenneté remis chaque année par la Fondation P&V. Le Prix de la Citoyenneté 2015 lui est remis parce qu’à travers son parcours il a démontré qu’entreprendre – et entreprendre avec succès – est compatible avec une bonne citoyenneté et une approche éthique et respectueuse de l’homme, de la société et de la planète.  Dans une carte blanche publiée par L’Echo du 3 décembre, Frans De Clerck explique sa vision sur l’association entre « citoyenneté » et « entreprenariat ».

Que le Prix de la Citoyenneté de la Fondation P&V 2015 soit décerné à des entrepreneurs est un fait remarquable qui m’incite à examiner l’association entre « citoyenneté » et « entreprenariat » de plus près.
Compte tenu de notre interdépendance économique, l’économie est le domaine par excellence où la communauté (la Fraternité) s’exprimant par le biais de la collaboration peut être la plus productive.
Collaborer de manière intensive fait pousser des ailes aux hommes et à l’économie, telle est mon expérience d’entrepreneur et de banquier. L’économie est un grand laboratoire, à l’échelle locale et mondiale,  de collaboration humaine. Elle représente donc une force extraordinaire de développement humain et social.
Toutefois, notre modèle économique actuel, basé sur la compétition et la concurrence, n’est pas suffisamment qualitatif ni durable, et nous devons encore apprendre à vraiment bien collaborer.
Faisons d’une bonne collaboration, association, alliance et responsabilité commune le cœur du monde économique et le monde deviendra meilleur, plus sûr, plus vert et plus humain. Les excédents financiers générés par la productivité de l’économie seront mieux utilisés en faveur du développement culturel, social et immatériel. En fin de compte, l’ensemble de la société bénéficiera de plus d’opportunités de développement que jamais auparavant.

L’argent est un instrument essentiel en la matière, mais pas une fin en soi. L’empathie et la solidarité, notamment, sont d’autres instruments.

De plus en plus d’entrepreneurs éprouvent de la satisfaction à allier, de manière équilibrée, le fait d’entreprendre avec efficacité et de contribuer de manière sensée et durable à l’amélioration de la qualité de vie. Bref, prendre davantage soin des personnes, de la planète, de la prospérité et de la participation.

En tant que banquier, les possibilités de m’engager en faveur de cette association de manière durable ont relevé à la fois du cadeau et du défi.
Le cadeau vient de la satisfaction que j’éprouve encore au quotidien.
Concernant les défis, je peux en citer quelques-uns :
– une première série : dans le monde bancaire traditionnel : oser quitter une voie sans issue ; prendre des risques ; intégrer l’innovation et réfléchir et agir de manière novatrice ; partir de peu et se développer systématiquement et avec persévérance ; chercher un ancrage  auprès des clients, mais aussi des ONG, des mouvements citoyens et de la société civile ;
– une série de défis structurels : donner forme aux structures et partenariats, à l’instar de la structure du Groupe Triodos et de la Global Alliance for Banking on Values ;
– et enfin : ne pas déraper en cas de réussite et de passage à une échelle supérieure, mais continuer de donner la direction, gouverner, former et conseiller en gardant la mesure humaine et en faisant preuve d’attention, de sensibilité, de sentiment et de volonté d’obtenir un résultat.

Ce sont des points de vue, des méthodes de travail et des forces que je perçois également chez de nombreux entrepreneurs, mais qui pourraient être encore mieux exploitées afin de mettre sur pied des projets durables et sociaux.

Les entrepreneurs éveillés et durables peuvent toutefois faire la différence en impliquant mieux et de manière structurée leurs collaborateurs, clients, fournisseurs et actionnaires dans le développement de leurs activités. Des citoyens libres, égaux et émancipés veulent désormais, plus que jamais, exercer leur influence, y compris dans le domaine économique.

Appel aux entrepreneurs

Je lance un appel aux petites et grandes entreprises pour qu’elles aillent au-delà de leur strict intérêt privé en incluant les consommateurs et citoyens de manière durable en tant que partenaires de leur parcours, et pour qu’elles pratiquent elles-mêmes davantage l’économie sociale.

Les entrepreneurs ont la possibilité et les moyens de mettre l’entreprise durable et responsable au cœur de leur activité et d’en faire leur marque de fabrique.

Quelques pistes :
– Utilisez pleinement les développements technologiques en faveur de la production d’énergie verte locale, de la réutilisation des matières premières et de l’organisation durable de la logistique et de la mobilité.
– Transformez les réseaux sociaux en canaux qui apportent plus de valeur; proposez des services dans les développements « peer to peer » et l’« économie du partage ».
– Associez-vous à des entrepreneurs qui pensent comme vous et garantissez de la sorte des chaînes de production et de distribution durables.
– Renforcez votre organisation interne en faisant participer vos collaborateurs de manière active, tant individuellement que collectivement.
– Renforcez votre culture d’entreprise en intégrant des éléments sociaux, écologiques, culturels et éthiques ; cela stimule la créativité dont vous avez besoin pour l’innovation, sans oublier votre contribution à la civilisation.

 

Si l’entreprise durable constitue une opportunité dans le marché, je ne vois aucun inconvénient à ce que ce qu’on la saisisse à fond avec des produits et services sincèrement durables. Entrepreneurs, ne passez pas à côté de la transition vers cette nouvelle économie durable.

On trouve actuellement dans le monde, y compris dans notre pays, des dirigeants d’entreprise qui associent leur stratégie aux grandes questions mondiales. Il nous en faudrait plus comme eux.
Les entreprises et leurs actionnaires possèdent une richesse faite d’actifs, d’infrastructures et de moyens d’exploitation, et ils peuvent faire appel à des collaborateurs talentueux. Ensemble, ils peuvent, en dialogue permanent, réaliser l’équilibre entre le « je » et le « nous ».
Ils peuvent s’associer ensemble et avec les autorités afin de réaliser les 17 objectifs mondiaux (avant : les Objectifs du millénaire) que nous nous fixons en tant que société.

Si nous parvenons en tant que citoyen, entrepreneur, banquier et surtout en tant qu’être humain à nous inscrire dans cette transition, nous ajouterons tous de la valeur au produit intérieur brut élargi qui se développera non pas nécessairement sur le plan quantitatif, mais surtout qualitatif. Nous encouragerons également de la sorte la paix et la cohésion tant nécessaires dans nos communautés, nos entreprises et notre économie.
La collaboration ouverte est aussi le meilleur remède contre la peur et la terreur.

Entrepreneurs, faites de votre potentiel humain et économique une force sociale ! Plus est en vous!

Cet appel semble idéaliste ?  Oui, effectivement. Car je ne peux m’imaginer qu’un entrepreneur durable puisse se passer d’idéalisme.

Frans De Clerck (1945) vient de recevoir le Prix de la Citoyenneté de la Fondation P&V. Il est cofondateur et ancien directeur de la Banque Triodos Belgique, initiateur de la Global Alliance for Banking on Values, ancien président de Cenergie SCRL (ingénierie énergétique) et de l’asbl De Foyer (centres d’hébergement et de soins), administrateur actuel de la Stichting Administratiekantoor Aandelen Triodos Bank, de Boss Paints SA et de la Fondation Hélène De Beir.
frans.declerck@hotmail.com

La Fondation P&V est une fondation d’utilité publique qui fait la promotion de la participation, de l’émancipation, de la solidarité et de la citoyenneté auprès des jeunes. Chaque année la Fondation P&V remet le Prix de la Citoyenneté à des personnes ou initiatives qui s’engagent, d’une manière exemplaire, pour une société ouverte, démocratique et tolérante.  http://www.foundationpv.be/fr/home

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