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dossier

L’épicerie est de retour

Les alternatives en distribution alimentaire

Les alternatives en distribution alimentaire

Nous sommes de plus en plus d’individus à nous poser des questions sur ce que nous mangeons. Des étiquettes et des labels nous aident chaque jour dans nos choix. Mais quel chemin suivent les aliments avant d’arriver dans notre assiette ?

L’Entre-Pot à Liège Photo (c) Olivier Papegnies

Depuis un certain temps, nous observons une nouvelle tendance : le consommateur européen retourne aux épiceries de quartier après les avoir longtemps délaissées. En voyageant très rapidement dans le temps, nous nous souvenons de nos grand-mères qui dépensaient beaucoup de temps entre les petites surfaces spécialisées et de proximité ; nos mères en revanche, dans un souci d’efficacité, privilégiaient les grandes surfaces excentrées avec des amples surfaces de parking ; enfin, nous sommes aujourd’hui préoccupés par notre bien-être et la protection de l’environnement et hésitons entre des produits biologiques achetés en vrac dans un supermarché coopératif ou un panier d’ingrédients présélectionnés et livrés à domicile après une commande sur internet.

 

Un nouveau critère de choix : la durabilité

Historiquement, le consommateur a toujours été confronté à un choix assez simple au moment de faire ses courses : prix ou qualité ? Aujourd’hui la situation évolue et un nouveau critère déterminant pour les consommateurs fait son apparition : la durabilité. Celui-ci résulte à la fois de la demande des consommateurs et des autorités publiques, plaidant pour une alimentation plus saine et respectueuse de l’environnement, et de la volonté des entreprises mêmes qui souhaitent moderniser leur modèle d’affaires. Mais à quoi réfère exactement le mot « durabilité » dans le secteur de l’alimentation ? L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) donne une définition très complète : « Une alimentation durable contribue à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes ; elle est culturellement acceptable, économiquement équitable et accessible, abordable, nutritionnellement sûre et saine, et permet d’optimiser les ressources naturelles et humaines. » Une alimentation durable tient donc compte de l’environnement, certes, mais les aspects économiques et sociaux sont tout aussi importants.

 

« Nous finançons beaucoup de projets durables dans le secteur de l’alimentation mais la distribution reste un défi, à la fois en termes de durabilité et en termes d’accessibilité. »

Alexia de Jonghe, Relationship Manager Sustainable Food à la Banque Triodos

La réponse d’une banque durable

La Banque Triodos associe la performance économique d’une entreprise avec sa performance environnementale et sociale depuis toujours, que ce soit pour les entreprises financées directement via des crédits ou indirectement via ses fonds de placement. L’alimentation durable est un des secteurs financés par la Banque Triodos. En 2016, par exemple, la Banque Triodos a financé au niveau du groupe l’équivalent de 32 millions de repas biologique à travers les récoltes des agriculteurs qui cultivent leurs terres selon les principes de l’agriculture biologique. Par ailleurs, la Banque Triodos en Belgique soutient le Master Thesis Award for Future Generations – Sustainable Food qui récompense des mémoires de fin d’études qui traitent de l’alimentation de manière pertinente, soutenable et innovante. À la Banque Triodos, nombreuses sont les préoccupations dans le secteur de l’alimentation. Du bien-être des animaux aux conditions de travail des employés, en passant par la protection de la biodiversité et des ressources naturelles. La banque finance en priorité les agriculteurs travaillant leur terre selon les principes de l’agriculture biologique mais également tout ce qui peut contribuer à un développement sain du secteur, comme par exemple les producteurs, les distributeurs ou les traiteurs qui s’engagent à proposer aux consommateurs des aliments durables.

 

Un placement qui porte ses fruits

En raison des nombreuses initiatives entreprises en matière de durabilité, Colruyt Group fait partie de l’univers d’investissement de la Banque Triodos.

Pour ne pas rater une part de marché en croissance continue, certaines entreprises suivent le mouvement de la durabilité. D’autres vont un pas plus loin et essayent d’apporter des solutions innovantes pour faire avancer les choses. C’est le cas de Colruyt Group, société belge de distribution cotée en bourse et actuellement reprise dans l’univers d’investissement de la Banque Triodos. Ses activités ne sont pas exclusivement durables mais en raison des nombreuses initiatives entreprises en matière de durabilité, elle fait partie des plus performantes au sein de son secteur. Sachant que les grandes chaines de distribution sont responsables pour 50 à 75% des ventes des aliments biologiques en Europe, leur impact sur les habitudes des consommateurs est considérable. Les supermarchés assument un rôle décisif dans la vente des aliments biologiques pour des consommateurs qui ne se rendent pas dans des magasins spécialisés. Colruyt Group emploie plus de 29.000 personnes, gère plus de 1000 magasins et déclare un chiffre d’affaire annuel de plus de 9 milliards d’euros. Sa stratégie vise, entre autres, à réduire l’impact de ses activités sur l’environnement et quatre grandes mesures ont déjà été prises : diminuer la consommation énergétique et augmenter les investissements en énergies renouvelables, opter pour des constructions durables pour les magasins, optimiser le transport des marchandises et des employés, gérer de manière responsable les ressources naturelles et limiter les déchets.

 

Colruyt Group ne rate pas le coche

En matière de transport des marchandises, par exemple, Colruyt Group se démarque de la concurrence en adoptant différentes initiatives. Si le recours aux camions reste toujours inévitable, le service transport de Colruyt Group fait en sorte que les camions soient toujours remplis au moins à 95%, limite le nombre de kilomètres à parcourir (depuis 1994 quelques 7,5 millions de kilomètres par an ont été économisés), circule de plus en plus pendant les heures creuses, privilégie le train ou le bateau pour plus de 50% des transports internationaux et peut se vanter d’un parc automobile de près de 1200 véhicules roulant au gaz naturel. Une initiative particulièrement innovante est surement celle de CITRUS (Cooperative Intelligent Transport Systems for Trucks), initié par un consortium d’entreprises et instances publiques belges mais cofinancé par l’Union Européenne. Ce projet a l’ambition d’améliorer la sécurité routière et réduire les émissions de CO2 grâce à une application mobile qui rendra le réseau routier plus sûr et moins polluant en partageant les informations routières de manière rapide et efficace avec les chauffeurs en route. Colruyt s’insère dans le projet en tant que membre du consortium et testera l’application pour ses livraisons par camion afin de profiter de l’information routière en temps réel pour prévenir les situations dangereuses et éviter les embouteillages. Regine Vaneghem, chef du département Transport de Colruyt Group : « En tant qu’entreprise très impliquée dans le secteur du transport, et avec une vision claire sur la mobilité durable et sûre, Colruyt Group entend contribuer, par le biais de ce projet, à une mobilité plus écologique et à assurer plus de sécurité sur la route. » En d’autres mots, le groupe profite de sa grande part de marché pour consacrer des moyens à l’innovation et apporter des solutions créatives aux défis de son secteur. De son côté, la Banque Triodos utilise les investissements socialement responsables comme un moyen puissant de promouvoir une économie plus respectueuse de l’homme et de l’environnement. C’est pourquoi les fonds de placement durables que propose Triodos investissent aussi dans des entreprises cotées en bourse comme Colruyt Group. Un placement durable contribue à susciter des changements avec un impact positif au niveau mondial.

 

« Tous les jours à l’épicerie j’entends dire à quel point c’est agréable de recevoir des conseils de la part du commerçant qui connaît ses produits et ses fournisseurs. »

Marine Ledoyen de L’Entre-Pot à Liège

Quand l’épargne se transforme en nourriture en vrac

Marine Ledoyen et Carole Lallemand de l’Entre-Pot à Liège Photo (c) Olivier Papegnies

L’argent confié à la Banque Triodos peut avoir un double impact. Au niveau international avec les fonds de placement qui investissent dans les entreprises multinationales mais au niveau national aussi, avec une épargne qui finance uniquement des entreprises durables et locales. Dans le portefeuille crédits de la Banque Triodos se retrouvent d’ailleurs plusieurs types de projets passionnants ayant trait à l’alimentation durable (que vous pouvez retrouver grâce à l’application « À quoi sert votre argent »). « Nous observons un intérêt grandissant pour le secteur de l’alimentation durable. De plus en plus d’entrepreneurs frappent à notre porte pour demander un financement pour des initiatives très différentes mais la distribution reste un défi, à la fois en termes de durabilité et en termes d’accessibilité. » Alexia de Jonghe, Relationship Manager Sustainable Food à la Banque Triodos. Pour favoriser une distribution plus durable, certains entrepreneurs essayent d’éliminer ou réduire les emballages afin de limiter les volumes à transporter et donc le nombre de transports. C’est précisément ce qui fait le succès de la vente en vrac. Comme c’est le cas à L’Entre-Pot, une initiative lancée en 2016 à Liège par deux jeunes femmes, Marine Ledoyen et Caroline Lallemand. Cette épicerie moderne propose une vaste gamme de produits en vrac, biologiques ou locaux, comme des produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien. Les produits sont vendus sans emballage, dans les quantités souhaitées et par conséquent à prix réduit car les produits biologiques vendus en vrac coutent en moyenne 20 à 30 % moins cher que les mêmes emballés. « Notre premier but est de réduire la quantité de déchets liés à la consommation, en proposant une offre de produits plus étendue, tout en restant pratique et esthétique. Ensuite, qui dit moins de déchets dit aussi moins de gaspillage car en achetant uniquement les quantités vraiment nécessaires (pensez aux familles monoparentales, aux célibataires, aux personnes plus âgées…), on réduit forcément le gaspillage. Enfin, compte tenu du prix réduit des produits en vrac, on espère qu’une petite initiative locale comme la nôtre donnera envie à un nombre très large de consommateurs ! » D’après son expérience, Marine observe un retour aux commerces de proximité : « Tous les jours à l’épicerie j’entends dire à quel point c’est agréable de recevoir des conseils de la part du commerçant qui connaît ses produits et ses fournisseurs. Notre génération (20-30 ans, ndlr) est particulièrement sensible au contact avec le commerçant et à l’origine des produits qu’elle consomme. C’est peut-être lié à l’envie de consommer autrement. »

 

Bees Coop fait son miel d’un modèle participatif

BEES Coop à Schaerbeek (Bruxelles) Photo (c) Olivier Papegnies

Pour répondre au défi de l’accessibilité que pose l’alimentation durable, Quentin Crespel et ses amis ont eu l’idée de lancer un supermarché sous la forme d’une coopérative citoyenne à but non lucratif, située à Schaerbeek (Bruxelles). « Avec BEES Coop (Coopérative Bruxelloise Ecologique Economique et Sociale), nous voulons donner accès à l’alimentation durable à un maximum de personnes mais également créer des liens entre les habitants du quartier, encourager une économie locale et promouvoir la transparence sur le fonctionnement d’un supermarché et sur l’origine des produits. » Grâce à cette coopérative, qui compte aujourd’hui déjà plus de 1300 membres, les consommateurs sont plus impliqués et mieux informés. Suivant un modèle participatif où chaque coopérateur donne 3h de son temps par mois, les Schaerbeekois collaborent à la création d’un nouveau modèle de distribution alimentaire. De plus, en travaillant selon un modèle de circuit court, où les coopérants achètent les produits directement aux producteurs ou maraichers locaux, les fournisseurs sont rétribués justement et les prix de vente ne s’envolent pas. Enfin, un système d’étiquettes éclaire les acheteurs sur l’origine et les conditions de production des aliments. « De manière symbolique, nous utilisons les étiquettes comme un outil de transparence et sensibilisation. À terme, nous aimerions d’ailleurs pouvoir informer les consommateurs sur les modes de distribution ou les questions de santé. Nous espérons ainsi encourager le public aux multiples bienfaits d’une alimentation durable. »

 

Des objectifs et des partenariats durables

Si le consommateur est aujourd’hui à la recherche d’un nouveau réseau de distribution, c’est en partie dû à l’agenda des autorités publiques, qui y intègre enfin l’alimentation durable. Les Nations Unies ont souligné l’importance de changer les habitudes actuelles avec l’objectif de développement durable numéro 12 : « Etablir des modes de consommation et production durables ». Cet objectif implique, entre autres, d’utiliser les ressources de manière responsable, réduire les déchets alimentaires, encourager les entreprises à adopter des pratiques viables, informer les citoyens sur le développement durable, etc. Ce qui nécessite forcément la collaboration des entreprises, décideurs, chercheurs, médias et consommateurs. Un bel exemple de collaboration qui a vu le jour tout près de chez nous est celui entre la Fédération Wallonie Bruxelles et l’ASBL Groupe One. Cette dernière sensibilise, forme et accompagne les futurs entrepreneurs qui souhaitent créer une entreprise dans le respect du développement durable. Pour donner un ordre d’idée, pendant l’année 2016 la structure a accompagné 450 candidats entrepreneurs, a contribué à la création de 115 nouvelles entreprises durables et a suivi l’ouverture en Belgique de 25 magasins d’alimentation alternatifs (biologiques, zéro déchets, circuits courts, citoyens…). « Notre objectif est de remettre l’humain au centre de l’entreprenariat et de favoriser par là une économie plus durable. En quelque sorte, nous espérons redonner un peu d’âme à l’économie » nous confie Alexandre Bertrand, Spécialiste Food Bruxelles et Wallonie chez Groupe One. L’asbl fête en 2017 ses 20 ans d’existence et constate, elle aussi, une amplification du phénomène : « Nous accueillons de plus en plus d’entrepreneurs candidats et pour ces novices à la recherche d’une nouvelle occupation épanouissante, l’alimentation durable est certainement le secteur de prédilection. » Comment expliquer une telle croissance dans l’offre ? Tout simplement par une forte demande. Les consommateurs les plus avertis ne cessent de questionner leurs habitudes de consommation, les médias et les autorités relayent des messages de plus en plus alarmants sur les dérives d’une alimentation non durables et les entrepreneurs répondent enfin à ces nouveaux besoins. Ceci-dit, qu’elles soient citoyennes ou multinationales, quel est l’impact de ces différentes initiatives sur nos modes de consommation ? Difficile à mesurer aujourd’hui. Par contre, la Banque Triodos ne peut que continuer à faciliter le développement de ces projets durables pour que davantage de personnes puissent accéder à une consommation plus responsable. Car acheter, c’est choisir.

 

Bienvenue à la banque qui finance le changement

Créée en 1980, la Banque Triodos est une banque indépendante dont la mission est d’exercer son métier de banquier de manière transparente et durable. Elle finance des entreprises, des institutions et des projets à valeur ajoutée dans les domaines social, environnemental ou culturel, grâce aux capitaux que lui confient les épargnants et les investisseurs désireux d’encourager le développement d’entreprises responsables et d’une société durable. Découvrez la première banque durable en Belgique sur www.triodos.be

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LEBOUTTE Norbert Il y a 3 années

Il est important de vouloir une nourriture de qualité et qui a encore du goût !
Il est important d’avoir des petits commerces de proximité, avec des produits de qualité et de la région. J’entends souvent des pensionnaires de différentes maisons de repos se plaindre d’une nourriture qui n’a pas de goût… et cela n’est pas du à l’âge ni mais à la qualité de la nourriture sans goût apportée de l’extérieur par certaines sociétés.

Suzanne Il y a 3 années

Une épicerie de quartier – l’idée de la coopérative est vraiment séduisante et intelligente ! – qui assure la revente de produits locaux à un prix juste mais raisonnable (à réguler..) : super ! conséquences positives : moins de transports (tant pour les distributeurs que pour les acheteurs.;) , des produits de saisons qui ont du goût..(et pas des fruits/légumes récoltés-cueillis trop tôt pour supporter la durée du voyage et de la distribution.;et qui n’ont donc pas eu le temps de gagner cette maturité qui les rendent bons..).. et une économie locale mais aussi des liens sociaux qui renaissent !

Marianne Reding Il y a 3 années

Personnellement je me rend chaque semaine au marché des Tanneurs , à pied ( 15 min ) , très contente de revenir sans aucun emballage ( un peu de papier ) produits de très bonne qualité et
Prix corrects . Par contre j’ entend parfois des choses négatives ; j’ espère que ce sont des bruits sans importance , ce serait bien dommage de retomber dans les mêmes défauts ( ex une seule personne s’ enrichit et les travailleurs sont au smig .. etc

Claire Tondeur Il y a 3 années

En vrac m’intéresse . Ma fille est proche d’un BIovrac!
ET l’aventure COLRUYT est passionnante à suivre par ailleurs !

Reply to Claire Tondeur
cfunari Il y a 3 années

Merci beaucoup, n’hésitez pas à partager l’article dans ce cas ! Belle journée, Banque Triodos


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