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Investir en bourse et avoir un effet positif sur la société. C’est compatible ?

Investir dans des sociétés cotées en bourse et contribuer à des changements sociétaux et environnementaux positifs ne va pas de soi. Lors de deux soirées d’information à Bruxelles et Gand, le directeur de la recherche et de la stratégie d’investissement de Triodos Investment Management (TIM), Hans Stegeman, a expliqué la politique de Triodos Investment Management en matière d’Investissements Socialement Responsables. Vos questions étaient nombreuses. Nous en reprenons plusieurs ci-dessous, avec les réponses.

Comment combinez-vous l’exigence de durabilité avec les objectifs commerciaux d’entreprises cotées en bourse ? Est-ce compatible ?

Hans Stegeman : Chaque entreprise a pour objectif de survivre à long terme. Or, les effets de l’activité de l’entreprise sur l’environnement, les humains et la société finiront par avoir des répercussions sur ses résultats commerciaux. À long terme, aucune entreprise ne peut se permettre de fuir ses responsabilités face à ses effets sur la société. Voilà pour l’angle négatif. Le côté positif, c’est que les entreprises plus durables affichent souvent de bonnes performances financières. Contrairement à ce que l’on pense parfois, la durabilité et la rentabilité financière ne sont pas du tout incompatibles.

Contrairement à ce que l’on pense parfois, la durabilité et la rentabilité financière ne sont pas du tout incompatibles.

Hans Stegeman

Un modèle entrepreneurial basé sur une croissance économique infinie peut-il être durable dans un monde fini ?

HS : Une entreprise qui dépend d’encore et toujours plus de croissance fera l’expérience des limites de son modèle. Cela commence avec les matières premières. Dans un monde où nous savons que les stocks de matières premières (fossiles) sont finis, il y a une limite à la consommation. Mais cela se joue du côté du client final : de combien de produits et de services celui-ci a-t-il besoin ? Les entreprises qui dépendent d’une augmentation constante de leur chiffre d’affaires en produisant des articles dont la durée de vie est sans cesse plus courte finiront par cannibaliser leur propre succès. Les consommateurs en veulent pour leur argent, ils se lassent d’acheter des produits qui cessent d’être utilisables dans des délais très courts. Qu’il s’agisse de vêtements, d’éclairage ou d’électronique, les consommateurs finissent par arrêter d’acheter de plus en plus. La croissance n’est pas un mal en soi. Mais après la croissance vient une phase de stabilisation, durant laquelle les entreprises peuvent aussi prospérer. À condition que leur modèle soit adapté.

Dans un monde où nous savons que les stocks de matières premières (fossiles) sont finis, il y a une limite à la consommation. Mais cela se joue du côté du client final : de combien de produits et de services celui-ci a-t-il besoin ?

Hans Stegeman

Triodos Investment Management a renforcé sa méthodologie afin de ne sélectionner que les entreprises les plus durables. Pouvez-vous préciser les critères de sélection ? Cette sélection est-elle basée sur des faits ou repose-t-elle aussi sur votre intuition ?

HS : Notre méthodologie pour la sélection d’entreprises est conçue de manière à investir dans celles qui contribuent le plus à la transition vers un monde durable. Nous avons identifié sept thématiques importantes pour la transition vers une société durable : l’agriculture et l’alimentation, la mobilité et les infrastructures durables, les ressources, l’économie circulaire, la prospérité des populations et la santé des personnes, l’inclusion et l’émancipation sociales et l’innovation durable.

Il peut s’agir d’entreprises dont les produits ou services contribuent clairement à un monde durable (comme l’énergie durable, la santé, le sport, l’alimentation durable, les soins), mais aussi des entreprises qui gèrent de manière responsable leurs équipements et leurs matières premières (économie circulaire) et/ou des entreprises qui visent l’excellence sociale de leur organisation (par exemple en engageant des personnes en position de faiblesse sur le marché de l’emploi, en portant haut les couleurs de la diversité ou en pratiquant une politique de rémunération inclusive).

Nous analysons l’impact positif d’une entreprise en utilisant, autant que possible, des données objectives. Toutefois, celles-ci font régulièrement défaut et il faut parfois étudier en profondeur les chiffres et rapports de l’entreprise pour déterminer quel est son apport réel. Cela varie d’une entreprise à l’autre. Dans ce domaine, on ne peut pas s’appuyer sur une science exacte avec une liste d’exigences à cocher. Il s’agit surtout d’un jugement établi sur base d’une analyse approfondie du business model et de la stratégie de l’entreprise.

Bien entendu, à côté de l’analyse d’impact positif, les entreprises dans lesquelles nous investissons satisfont à des exigences minimales strictes.

Les entreprises dans lesquelles nous investissons satisfont à des exigences minimales strictes.

Hans Stegeman

 

 

Il y a-t-il une raison spécifique pour laquelle Triodos  Investment Management travaille davantage avec des entreprises américaines ? Pourquoi pas belges ? Cela pourrait-il changer dans un avenir proche ?

HS : Il est vrai que les fonds ISR de Triodos Investment Management investissent relativement souvent dans des entreprises américaines. Il s’agit pour partie d’un reflet des marchés boursiers mondiaux dont ces entreprises représentent une grande partie (40 à 60%, suivant l’indice choisi). Cela s’explique également par le profil des entreprises que nous recherchions dans le passé: les petites et moyennes entreprises cotées en bourse, actives dans les secteurs des énergies renouvelables et pharmaceutiques sont relativement fréquentes aux USA.

Cependant, depuis quelque temps, nous sommes surtout à la recherche d’entreprises dans d’autres régions du monde, qui conviennent pour nos investissements. D’abord parce que les entreprises américaines sont relativement coûteuses, ensuite parce que nous voulons investir davantage au Japon par exemple, où nous avions peu d’entreprises jusqu’à présent. Cette situation est en train de changer car les rapports de durabilité provenant de ce pays se sont fortement améliorés ces dernières années.

En Belgique, nous investissons dans un nombre réduit d’entreprises (Colruyt, Telenet, Proximus et IBA). Notamment parce que beaucoup de sociétés belges ne satisfont pas à nos exigences minimales. Toutefois, ici aussi, nous sommes en permanence à la recherche d’opportunités d’investissement qui accéléreront l’avènement d’une économie durable.

 

Beaucoup de sociétés belges ne satisfont pas à nos exigences minimales. Toutefois, ici aussi, nous sommes en permanence à la recherche d’opportunités d’investissement qui accéléreront l’avènement d’une économie durable.

Hans Stegeman

Lorsque vous réalisez qu’une entreprise ne satisfait pas à vos exigences minimales, à quelle vitesse pouvez-vous vous en dégager ?

HS : En cas de suspicion d’activités douteuses de la part d’une entreprise, nous procédons à une analyse approfondie et lançons une négociation avec elle. Lorsque nos principes d’investissement ne sont pas respectés, l’entreprise est soumise à une enquête formelle. Si l’enquête conclut que l’entreprise ne satisfait pas aux exigences minimales de la Banque Triodos, les actions ou obligations sont revendues dans les trois à six mois. Ce processus de surveillance approfondie et continue nous assure que les entreprises respectent sur le long terme les critères d’investissement stricts de la Banque Triodos.

Comment aborde-t-on les obligations d’État européennes ?

HS : Si nous investissons dans les obligations d’État, c’est surtout pour contrôler le profil de risque du portefeuille. Nous investissons uniquement dans des obligations d’État de pays membres de l’Union européenne ayant reçu une note correspondant à des « titres investissables » et émises en euros. De plus, aucune sanction internationale ne peut être d’application dans ces pays et ils doivent avoir signé les principales conventions internationales telles que, par exemple, celles de l’ONU concernant les droits humains et l’environnement.

Triodos Investment Management veut contribuer à une société plus durable grâce à un dialogue continu avec les entreprises dans lesquelles vous investissez. Comment vous y prenez-vous pour mettre leur approche à l’épreuve?

HS : Nous menons ce dialogue avec les entreprises de différentes façons. Avant même la décision d’investissement, nous voulons comprendre ce que fait vraiment l’entreprise et si elle satisfait à nos exigences minimales. Cela demande souvent un contact étroit avec une entreprise parce que toutes les informations pertinentes à nos yeux ne sont pas publiques. Il s’agit d’un dialogue d’information.

Une fois que nous avons investi dans une entreprise, il peut arriver qu’un incident se produise, en rapport par exemple avec la politique salariale ou la qualité des produits ou services. C’est l’occasion d’établir une deuxième sorte de dialogue : le dialogue d’amélioration. En général, nous essayons d’abord de déterminer si l’information reçue à propos de l’incident est correcte et ce qui s’est passé précisément. On peut alors initier un trajet de suivi, lors duquel nous pourrons proposer des améliorations aux entreprises, y compris avec des échéances à respecter.

Le dernier type de dialogue est ce que nous appelons le dialogue thématique. Sur base d’études (menées par nous ou avec des partenaires), nous demandons aux entreprises de mettre en œuvre des améliorations dans des domaines bien spécifiques, comme par exemple la politique salariale dans la chaîne de sous-traitance ou la provenance de la matière première, comme dans le cas des minerais de conflit.

Pour ces différents types de dialogue, un long trajet, souvent de plusieurs années, peut être nécessaire.

 

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Ch. Liénart van Lidth de J. Il y a 4 mois

Je l’espère vec la politique de Triodos

Iweins Il y a 3 mois

C’est possible, je fais l’essais d’un portefeuille chez Triodos

Muller Il y a 3 mois

J’y crois, mais principalement avec des banques telles que vous, qui propose un portefeuille établi sur une analyse approfondie des sociétés le composant.