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Dossier

Éolien participatif

Les consommateurs entrent en scène

Les consommateurs entrent en scène

Au travers des coopératives citoyennes, les consommateurs deviennent producteurs et même parfois fournisseurs d’énergie. Ils imposent ainsi un nouveau modèle économique inspiré des circuits courts. La Belgique compte à ce jour une vingtaine de coopératives citoyennes dans le domaine de l’énergie éolienne. Plusieurs d’entre elles sont financées par la Banque Triodos.

REScoop.eu, la fédération européenne des groupes et coopératives de citoyens actifs dans les énergies renouvelables, recense quelque 2.400 initiatives de ce type à travers l’Europe, mais souligne que la collecte de l’information reste difficile. Pionnière en Europe, l’Allemagne compte plus de 800 coopératives énergétiques : 1kWh renouvelable sur 2 y est désormais produit par une coopérative énergétique ou une autre forme d’initiative citoyenne. L’autre bon élève de la classe européenne est le Danemark, avec plus de 650 coopératives citoyennes.

Un mouvement grandissant

Le mouvement citoyen s’est également enclenché en Belgique, qui compte à ce jour une vingtaine de coopératives citoyennes, principalement actives dans l’énergie éolienne. Trois coopératives disposent à ce jour d’une licence de fourniture d’électricité : Ecopower, Energie 2030 et COCITER, une structure coopérative récemment mise sur pied par six coopératives wallonnes.

En Wallonie, l’éolien participatif représentait, à la mi-2014, une puissance installée de 59,58 MW, soit 4,57% de la puissance installée totale. Ces chiffres doublent si on y ajoute les projets participatifs communaux et intercommunaux : 117,82 MW, soit 9,03% de la puissance installée totale.

La Wallonie compte plus de coopératives citoyennes que la Flandre, mais aucune d’elles n’atteint la dimension de la coopérative flamande Ecopower, qui livre de l’électricité verte à près de 48.000 coopérateurs !

Avec ou sans les pouvoirs publics ?

Les pouvoirs locaux peuvent investir, aux côtés des citoyens, dans l’éolien participatif, ce qui a politiquement et/ou financièrement du sens. Selon l’APERe, 10 communes et 7 intercommunales wallonnes avaient franchi le pas à la mi-2014.

« Ce double mouvement existe également en Flandre », épingle Bart Bode, Executive Director d’ODE (Organisatie Duurzame Energie). « Vous avez, d’un côté, des initiatives qui émanent de la population et, de l’autre, des autorités qui examinent comment ils peuvent impliquer les citoyens dans ce type de projets. La province de Flandre Orientale a pris des initiatives en ce sens : elle a déterminé des zones spécifiques pour le développement de parcs éoliens, puis imposé aux porteurs de projets une participation citoyenne à hauteur de 20%. Pour moi, plusieurs approches sont intéressantes. »

« Le financement des coopératives citoyennes est particulièrement important à nos yeux car nous partageons la même mission et les mêmes valeurs. »

François Basso, Banque Triodos

 

La Banque Triodos, partenaire de la première heure

La Banque Triodos dispose d’une longue expérience dans le financement des parcs éoliens, son premier dossier remontant à 1999. Au départ de la Belgique, la banque a financé jusqu’ici pas moins de 234 éoliennes. Parmi ces projets, on trouve sept coopératives citoyennes belges et deux françaises, soit une capacité totale installée de près de 32 MW (correspondant à la consommation annuelle de 20.000 ménages).

« Notre rôle de banquier est d’encourager la transition énergétique afin de tendre vers une société plus durable. Le financement des coopératives citoyennes est particulièrement important à nos yeux car nous partageons la même mission et les mêmes valeurs. Notre plus-value consiste à accompagner de manière personnalisée ces citoyens qui doivent tout découvrir en matière de développement, de financement et de construction d’un parc éolien. Nous délivrons les services adéquats au regard de leur situation et, si nécessaire, nous faisons appel à des spécialistes externes pour nous épauler sur des questions précises », explique François Basso, un des cinq spécialistes crédits de la Banque Triodos dans le domaine des énergies renouvelables.

Manque de vision politique

En Wallonie, le paysage éolien s’est comme figé dans la glace suite à l’incroyable ‘plantage’ des autorités régionales. « La visibilité des intentions politiques sur le long terme est égale à zéro », estime Guirec Halflants, président de la coopérative Vents du Sud à Arlon (voir encadré). « L’hostilité d’une partie de la population wallonne face à l’énergie éolienne a paralysé la classe politique, qui n’ose plus rien faire. »

En Flandre, la problématique est toute différente. « La population y est très majoritairement favorable aux énergies renouvelables, mais c’est le cadre légal qui pose problème. Celui-ci contraint les porteurs de projets éoliens à s’implanter à proximité des zones habitées », commente Bart Bode, dont l’association plaide, entre autres, en faveur d’un développement de l’éolien autour des zones industrielles.

L’Union européenne impose un objectif contraignant en matière d’énergies renouvelables : produire au moins 27% de sa consommation énergétique au départ de sources d’énergie renouvelables à l’horizon 2030. Les spécialistes s’accordent à dire que celui-ci ne pourra pas être atteint sans l’implication des citoyens et des autorités locales. Ce qui suppose un cadre règlementaire stable et une vision à long terme.

 

VENTS DU SUD VISE L’ENGAGEMENT CITOYEN

C’est en 2012 que 33 citoyens du Sud-Luxembourg ont fondé la coopérative à finalité sociale Vents du Sud. Après trois ans d’efforts, leur éolienne citoyenne d’une capacité de 2 MW est entrée en activité début 2015. Elle côtoie cinq éoliennes appartenant au secteur privé dans le parc éolien de Hondelange-Autelbas, près d’Arlon.

« Soutenir la transition énergétique est évidemment au cœur de notre démarche, mais nous voulons dépasser cette dimension strictement environnementale et privilégier aussi l’engagement citoyen, le développement économique local et un soutien social à ceux qui vivent dans la précarité énergétique », souligne Guirec Halflants, président de Vents du Sud.

Quelque 320 coopérateurs ont adhéré jusqu’ici à Vents du Sud, chaque part valant 100 euros pour en permettre l’accès au plus grand nombre. La Banque Triodos a apporté la moitié du financement du projet, accordant, en outre, à la coopérative un crédit long terme, un crédit court terme, ainsi qu’une garantie bancaire.

WWW.VENTSDUSUD.BE

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