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Dossier

Économie circulaire : comment en finir avec la pensée linéaire

D’où viennent nos produits et où vont-ils après utilisation ? « Nos fournisseurs produisent les pièces, nous fabriquons le produit et après consommation, il est jeté. » Telle est la réponse que trop d’entrepreneurs estiment comme allant de soi aujourd’hui. Une nouvelle génération d’entrepreneurs veut pourtant en finir avec le schéma « exploiter-fabriquer-jeter » (take-make-waste). Ensemble, ils construisent un nouveau système économique durable : l’économie circulaire.

par Stefaan Vandist

L’économie circulaire est tout ce que la chaîne de valeur linéaire n’est pas. En faisant de la chaîne de valeur économique un circuit fermé, ces entrepreneurs veulent dès le début – à savoir la conception d’un produit et la définition de son modèle de revenus – avoir une approche beaucoup plus durable des matériaux et de l’énergie. Cette approche a un avantage certain : elle ne génère pas uniquement des gains écologiques, mais également des gains sur le plan de l’efficacité, de l’innovation et du progrès entrepreneurial. Il n’y a rien de plus insensé sur le plan économique que le gaspillage de matériaux et d’énergie, au demeurant de plus en plus chers. Dans cet article, nous irons à la rencontre d’entrepreneurs inspirants qui montrent la voie vers une économie circulaire et nous évoquerons les défis qui vont de pair. Car si le chemin vers l’économie circulaire est aujourd’hui clairement balisé, il reste encore long et chaotique.

Acheter de la lumière plutôt que des lampes

Imaginez que vous alliez chez un fournisseur de luminaires et que vous lui diriez en substance : « J’ai besoin d’autant d’heures de lumière par an dans mon immeuble. Je vous confie l’installation des armatures et de l’électricité, mais je veux uniquement acheter de la lumière, rien d’autre. » Le vendeur risque bien de froncer les sourcils…

Pourtant, votre question est légitime. C’est aussi celle que l’architecte Thomas Rau a posée à Philips Lighting. Dans son bureau d’architectes, Thomas Rau cherche en permanence à explorer les limites de l’innovation durable, notamment pour l’éclairage de ses projets. Il a convaincu les ingénieurs de Philips d’une idée révolutionnaire et c’est ainsi qu’est apparu un modèle d’affaires totalement nouveau : Philips Pay-per-Lux. Ce devait être un modèle flexible et modulaire, car si le client veut étendre ou réduire son éclairage, la solution de luminosité proposée doit pouvoir s’adapter. Pay-per-Lux est devenu un service qui développe des plans de lumière complets sur mesure et utilise autant que possible la lumière naturelle. Car en offrant un concept total d’éclairage, le fabricant endosse désormais la responsabilité de la consommation d’énergie et de matériaux. C’est ainsi que l’aéroport de Schiphol paiera bientôt la facture pour son éclairage sur une base circulaire, tandis que Philips reste propriétaire des armatures et installations. Le producteur a donc tout intérêt à ce que le matériel dure longtemps, alors que pour les vendeurs, ce n’est, en règle générale, pas intéressant puisqu’ils vendront moins rapidement de nouveaux produits.

« C’est un bel exemple de combinaison produit-service », explique Ronny Jongen, responsable crédits pour les PME et les entreprises de l’économie sociale à la Banque Triodos. À ce titre, il a une certaine expérience dans la recherche de financements pour ce type d’offres. « Sur la base d’un tel modèle d’affaires, il devient abordable pour les plus petites entreprises d’installer des équipements industriels pour lesquels l’investissement serait trop lourd dans des circonstances normales. » Il faut, toutefois, encore tenir compte de quelques maladies de jeunesse.

Payer pour l’utilisation plutôt que la possession

Une start-up éprouve bien souvent des difficultés à se financer. Marcel Peters, qui a créé, l’an dernier, la start-up Bundles, en a fait l’expérience, bien qu’il soit convaincu que le consommateur est prêt à payer pour l’utilisation plutôt que la possession. Bundles vend des abonnements à un service de lavage au lieu de machines à laver. « À partir de 14,95 euros par mois, vous disposez d’un abonnement ‘lavage’ incluant la location d’une machine Miele haut de gamme à la maison. De cette façon, vous pouvez laver votre linge dans une machine performante et économe en énergie, sans devoir consentir un gros investissement. » Tandis que son fichier clients grandit et que les fabricants de machines à laver et produits à lessiver collaborent à l’amélioration du service, Marcel Peters a l’ambition de rendre le lessivage dans une machine à laver toute neuve et de haute qualité moins coûteux et plus durable que le lessivage avec un ancien modèle.Marcel Peters Bundles

Pour investir dans des machines performantes de Miele, il a toutefois eu besoin d’un solide capital de départ. Ce type de modèle d’affaires est encore un terrain inconnu pour les banques. Marcel Peters a donc dû rechercher une solution de financement alternative. Il a réussi à financer les 100 premières machines à laver par le crowdfunding. Les coûts liés au personnel, aux ventes et à l’administration ont été couverts par un investissement de 300.000 euros financé notamment par Miele, qui a réagi avec enthousiasme à la proposition d’affaires de Marcel Peters. « Un élément important pour convaincre des investisseurs et faire réussir une combinaison produit-service est que la valeur résiduelle de la machine reste stable et élevée, une fois que l’abonnement est terminé. C’est pourquoi l’entretien et l’utilisation correcte pendant la période d’utilisation sont aussi cruciaux que la conception du service et le choix du matériel. »

Passeport pour les matériaux

« L’économie circulaire ne se résume pas au recyclage, loin de là », affirme Sam Deckmyn, community manager chez Plan C, le carrefour de l’économie circulaire en Flandre. « Dans le monde de l’entreprise, il y a une volonté réelle d’utiliser des résidus et des matériaux recyclés comme matières premières, mais, dans ce cas, ces matériaux doivent être purs et homogènes. » C’est pourquoi il faut d’urgence des standards : une sorte de passeport  pour les matériaux à base de matières recyclées. Ce n’est pas seulement important pour les applications qui entrent en contact avec l’alimentation (compte tenu des risques sanitaires), mais également pour d’autres produits tels que les pneus. En effet, les granulés de caoutchouc issus de pneus recyclés peuvent être utilisés dans un grand nombre d’applications, notamment pour fabriquer de l’asphalte neuf.
Sam Deckmyn : « Il est important de considérer l’économie circulaire et les circuits fermés de façon plus large que simplement le recyclage. Tout pneu ne doit pas nécessairement redevenir un pneu. Il faut voir le tout comme un grand réseau de circuits fermés. »

Plus nous partageons, plus nous avons

L’économie du partage peut – indirectement – être considérée comme une partie de l’économie circulaire. Des plateformes collaboratives conquièrent lentement le monde entier. Pensez, par exemple, à l’incroyable succès de sites de partage d’outils comme Peerby/WijDelen à Gand ou Tournevie à Bruxelles. Le principe est simple : créer de la valeur collective et partagée par une collaboration intense sur la base de la confiance et de la réciprocité. Comme le résume Jan Jonker, professeur en développement durable à l’Université Radboud de Nimègue (Pays-Bas) : « Il ne s’agit pas seulement de réaliser des gains financiers, mais de créer de la valeur au moyen de modèles d’organisation, de transaction et de rentabilité innovants. »

Des études nous apprennent que les jeunes générations sont plus enclines à collaborer que les anciennes. Elles sont ainsi le moteur, chez les consommateurs, de la transition vers une économie circulaire. En ce qui concerne la possession d’une voiture, par exemple, une étude du bureau d’analyses Prophet indique que pas moins de 69% des millennials (les jeunes nés entre 1985 et 2000) en Europe et aux États-Unis pensent que le partage de voiture doit devenir la norme. Les grandes marques automobiles effectuent un mouvement de rattrapage en lançant leurs propres services de partage, tandis que de nombreux entrepreneurs locaux essaient de se faire une place sur ce marché naissant.

« Après l’habitation, la possession la plus coûteuse de nombreuses familles est la voiture, alors que celle-ci est 90% du temps immobile dans la rue. » Sur la base de ce constat, Maarten Kooiman a lancé, en 2013, l’entreprise Tapazz, qui aide les utilisateurs à mieux valoriser leur voiture. Tapazz permet de partager votre voiture avec vos voisins et réduit toutes les tracasseries sur le plan de l’organisation et de l’administration. Une seule voiture peut théoriquement satisfaire les besoins de mobilité de 12 personnes. Ainsi, de nombreuses voitures ne doivent pas être fabriquées et les citoyens peuvent économiser sensiblement sur leurs dépenses en mobilité.

« Quand on regarde toutes les innovations dans le domaine de la mobilité, on dirait que les données en temps réel deviennent le principal carburant du secteur du transport. Nous améliorons ainsi la mobilité avec toujours moins de voitures. L’auto devient un accessoire du smartphone. »

Maarten Kooiman

Avec Tapazz, il est à présent à la recherche de partenaires pour que son modèle d’affaires trouve son chemin dans le monde de l’entreprise. En intégrant un budget mobilité dans le package salarial, Tapazz veut proposer une alternative durable à l’archétype de la voiture de société.

Différentes études confirment que lorsque les gens – y compris les générations plus anciennes – n’ont plus leur propre voiture et font appel à un service de partage de voiture, le nombre de kilomètres parcourus par an par individu diminue parfois jusqu’à 90%. Zen Car part de ce constat pour exploiter à Bruxelles sa propre flotte de voitures à partager. « Parmi nos 2.500 utilisateurs, vous trouvez des gens de tous les âges, mais la plupart sont des trentenaires ou quadragénaires qui ont derrière eux une carrière internationale autour des institutions européennes », explique Bertrand Castillon, marketing manager de Zen Car. L’entreprise possède 66 voitures, trois types de véhicules électriques et 27 stations où aller chercher les voitures et les ramener après utilisation.

La bière des Babyloniens

La meilleure source d’inspiration pour le pilotage de l’économie circulaire se trouve en fait chez Mère Nature, où le déchet de l’un constitue un aliment pour l’autre. Toute notre biosphère tourne autour de l’énergie renouvelable. Les écosystèmes y utilisent des matières premières disponibles localement. L’industrie se sert déjà aujourd’hui de processus biologiques : sur la base de micro-organismes tels que des bactéries, des moisissures et des levures, elle fabrique des produits laitiers, des matériaux isolants et même des produits de lessive et du cuir artificiel.

Le biomimétisme, à savoir l’innovation technologique dérivée de la nature, constitue de plus en plus une source d’inspiration pour des start-ups de l’économie circulaire en Belgique. L’avantage de cette ‘chimie verte’ est qu’elle ne requiert pas de processus gourmands en énergie et ne fonctionne que grâce à des matières premières naturelles, souvent des déchets ou des résidus de l’agriculture et de la sylviculture. Un bel exemple nous vient d’Olivier de Brauwere et Sébastien Morvan, qui, dans le cadre du Brussels Beer Project, ont réussi à éviter le gaspillage de nourriture pour leur processus de brassage et de fermentation. Pas moins de 12% de notre gaspillage alimentaire concerne le pain frais qui ne trouve pas d’acheteur au supermarché. Les deux jeunes entrepreneurs ont transformé ce surplus industriel en opportunité économique en faisant du pain un ingrédient de base de leur bière Babylone. Sur la base d’une recette de l’Antiquité, et plus précisément de l’époque des Babyloniens, qui fermentaient déjà du pain il y a 7.000 ans pour brasser une bière plutôt amère, Olivier de Brauwere et Sébastien Morvan ont commercialisé une bière locale et moderne, avec beaucoup de corps et des arômes de fruits exotiques et de pain grillé. Pour ce faire, ils ont fait appel à la cocréation et au crowdfunding : de nouveaux goûts sont développés en étroite collaboration avec les consommateurs lors de dégustations. Le préfinancement du processus de production a été réalisé grâce à la vente d’abonnements pour de la ‘bière à vie’. Les abonnés reçoivent pour 140 euros par an un beau stock de bières exceptionnelles. Delhaize s’est engagée comme partenaire pour la mise à disposition de pains invendus et propose depuis peu la Babylone dans ses rayons.

3,8 milliards d’années d’évolution comme inspiration

Le cycle biologique nous conduit, pour terminer, chez l’un des pionniers belges de l’économie circulaire : Ecover. Depuis les années 1980, la mission de cette entreprise est de proposer une alternative performante et 100% biologique aux détergents et produits à lessiver de la pétrochimie. Pour ce faire, Ecover trouve surtout l’inspiration dans la nature elle-même. Tom DomenAvec quelque 3,8 milliards d’années d’évolution au compteur, les processus de nettoyage de la nature sont des systèmes circulaires optimaux et fascinants, qui permettent de résoudre nombre de problèmes. « Ainsi, la capacité nettoyante des agents de surface de nos produits est inspirée du métabolisme des levures dans les colonies d’abeilles », explique Tom Domen, long term innovation manager chez Ecover. « En faisant fermenter de l’huile de colza à grande échelle dans des bioréacteurs, nous imitons ce processus. Nous appelons fièrement le résultat eco-surfactants. C’est le maillon le plus important d’Ecover pour produire des détergents sans pétrochimie classique. » La nature est un réservoir vivant et inépuisable de solutions innovantes pour l’économie circulaire, conclut Tom Domen.

« Pour les hackers de demain, la nature est une sorte d’App Store offrant un potentiel infini d’applications. Les micro-organismes remplacent le matériel informatique et leur génome et métabolisme, le logiciel. »

Tom Domen

 

Financer le changement

Responsable crédit pour les PME et entreprises d’économie sociale à la Banque Triodos, Ronny Jongen et son équipe sont souvent en contact avec l’économie circulaire. Le recyclage, la collecte de biens usagés et leur transformation en nouveaux matériaux ont aussi souvent une composante sociale. Nous disposons d’une large expérience de l’économie sociale. Pensez, par exemple, au Groupe Terre, aux Kringloopwinkels, à Orka Relighting, etc.
Pour un financier, l’économie circulaire représente un défi. D’un côté, le potentiel est énorme, dans le secteur de la construction, de la fabrication de biens, l’industrie alimentaire, le textile et la vente au détail. De l’autre, nous parlons presque toujours de nouveaux modèles d’affaires qui poussent à faire des choix. Finançons-nous le prestataire qui devient le propriétaire du produit ? Ou devons-nous financer l’utilisation et veiller à ce que le service génère également une économie pour l’utilisateur final ?

Les nouveaux modèles d’affaires ont besoin de nouvelles structures de garantie. Dans l’économie circulaire, nous devons être attentifs au cash-flow et aux activités sous-jacentes. La valeur (résiduelle) des biens d’investissement est moins importante.

 

Investir dans l’économie circulaire

Les fonds d’investissement de la Banque Triodos investissent dans des entreprises mondiales qui jouent leur rôle dans une économie circulaire en croissance. Par exemple, H&M organise elle-même la collecte de vêtements usagés, Saint-Gobain recycle le verre et les plaques de plâtre, et Interface, LKQ et First Solar font de même respectivement pour les dalles de tapis, les pièces automobiles et les panneaux solaires.

 

Des organisations qui s’engagent en faveur de l’économie circulaire

Plan C

Plan C est la plateforme qui relie les entrepreneurs et les organisations, les met au défi et les stimule sur le chemin vers une économie circulaire. L’organisation vise à tendre vers un système économique qui maximalise la réutilisation des produits et matières premières et minimise les déchets. Plan C est l’un des piliers du Vlaams Materialenprogramma (Programme flamand des matériaux). http://www.vlaamsmaterialenprogramma.be/plan-c

Vlaams Materialenprogramma

Ce programme du gouvernement flamand vise à optimiser les nouveaux matériaux utilisés par les pouvoirs publics, les entreprises, les classes moyennes, le monde de la recherche et le consommateur. Il s’est traduit dans une feuille de route (à l’horizon 2040) qui définit les étapes à franchir en matière de développement technologique, infrastructure, législation, enseignement, marché du travail et compétences, pour créer des circuits dans les différents clusters.

Fondation Ellen McArthur

La Fondation Ellen McArthur collabore avec les entreprises, les pouvoirs publics (notamment la Région wallonne) et les universités afin d’élargir le domaine d’application du design de restauration et de régénération. http://www.ellenmacarthurfoundation.org/

i-Cleantech Vlaanderen

À travers la mise sur pied de consortiums de collaboration, l’échange de bonnes pratiques, le support financier et l’accompagnement des start-ups, i-Cleantech souhaite créer une assise aussi large que possible pour les entreprises et technologies qui contribuent à une économie circulaire pauvre en carbone. http://www.i-cleantechvlaanderen.be/

VITO

Le programme de recherche de l’Institut Flamand pour la Recherche Technologique (VITO) est axé sur les grands défis sociétaux tels que le changement climatique, la sécurité alimentaire, la pénurie de matières premières et un approvisionnement durable en énergie. https://vito.be/en

Institut pour le développement durable de l’Université de Gand

Ce groupe de recherche multidisciplinaire se concentre sur les transitions durables, les indicateurs et le monitoring, l’évaluation de la durabilité, les processus de décision complexes, la gouvernance multi-niveaux, les scénarios futurs et les visions en matière de développement durable. http://www.cdo.ugent.be

Greenloop

Greenloop est une entreprise sociale qui développe des opportunités d’affaires qui renforcent la résilience de ses clients ainsi que leur écosystème. Les collaborations dans lesquelles elle d’engage devraient mener à des entreprises plus durables, plus innovantes et prêtes pour le futur, et qui travaillent selon des principes de dessin inspirés par la nature. www.greenloop.eu/

Lateral Thinking Factory Consulting

Bureau d’études et stratégies urbaines qui vise à améliorer l’habitat par l’application de l’économie circulaire. LTF Consulting offre des analyses de la circularité des projets, basées sur leur but et les moyens exploités. http://www.lateralthinkingfactory.com/

ICCE

La mission du Centre for Circular Economy est la promotion globale du passage à l’économie circulaire. http://becircular.eu/

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Harry James Il y a 1 année

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