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dossier

Controverses répétées dans l’industrie pharmaceutique

À ce jour, seules trois sociétés pharmaceutiques font encore partie de l’univers d’investissement Triodos

À ce jour, seules trois sociétés pharmaceutiques font encore partie de l’univers d’investissement Triodos

Pas moins de dix sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques sur un total de dix-sept entreprises ‘best-in-class’ sont exclues de l’univers d’investissement durable Triodos. En cause : des violations répétées de la législation.

La Banque Triodos considère l’accès à des soins de santé de qualité, partout dans le monde, comme l’un des droits fondamentaux de l’être humain. Elle soutient par là même l’un des 17 Objectifs de Développement Durable des Nations Unies (ODD n°3), qui définissent le cadre d’un monde plus durable à l’horizon 2030. Sa politique d’investissement dans les sociétés cotées, que ce soit via les fonds ISR ou la gestion durable de patrimoine (Triodos Private Banking), rencontre cette priorité. L’univers d’investissement Triodos inclut, dès lors, des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques qui comptent parmi les ‘best-in-class’ du secteur et répondent aux exigences minimales de la Banque Triodos, particulièrement en ce qui concerne les expérimentations sur les animaux et les manipulations génétiques (lire encadré). L’industrie pharmaceutique n’a jamais été à l’abri des scandales, mais, ces dernières années, de nombreuses controverses ont agité le secteur, soulevant de nombreuses questions sur son intégrité. Les prix des médicaments, la sécurité des produits et la corruption sont au coeur de ces violations répétées de la législation. Les investigations menées par Triodos Research ont débouché, au fil du temps, sur l’exclusion de l’univers d’investissement Triodos de dix sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques sur un total de dix-sept entreprises ‘best-inclass’. À ce jour, seules trois sociétés pharmaceutiques : Novo Nordisk, Roche et Merck KGaA (société allemande, qui ne doit pas être confondue avec l’entreprise américaine Merck & Co) font encore partie de l’univers d’investissement Triodos.

 

Sécurité des produits

L’évaluation des entreprises pointées du doigt pour des pratiques suspectes en matière de sécurité des produits prend en compte de nombreux éléments tels que le nombre de personnes affectées, l’irréversibilité des effets indésirables constatés, la hauteur des sommes versées par l’entreprise sous la forme d’amendes ou lors de transactions à l’amiable, le caractère répétitif des problèmes et l’attitude de l’entreprise face à ceux-ci. Par souci d’équité, Triodos Research examine ces différents aspects dans le cadre d’une vision globale. À titre d’exemple, ses experts n’excluent pas une entreprise de l’univers d’investissement Triodos lorsque des affaires sont pendantes et n’impliquent pas de préjudice grave pour les patients. En revanche, le caractère répétitif des scandales peut conduire à une exclusion, comme ce fut le cas avec l’entreprise américaine Merck & Co. Au cours des sept dernières années, celle-ci a payé environ 5,3 milliards de dollars en règlement de poursuites concernant le Vioxx, un anti-inflammatoire retiré du marché en 2004. Merck & Co a été accusée d’avoir trompé les consommateurs au sujet de la sécurité et des avantages de son médicament. Il est apparu que le Vioxx augmentait les risques d’accidents cardiovasculaires et était potentiellement responsable de 55.000 décès aux États-Unis. Aujourd’hui, Merck & Co est confrontée à de nouvelles polémiques concernant son vaccin contre le cancer du col de l’utérus, le Gardasil, qui provoquerait chez certaines patientes de graves effets secondaires.

 

Entente sur les prix

Les ententes sur les prix sont monnaie courante dans le monde économique, mais elles peuvent avoir, dans le domaine de la santé, des effets très dommageables pour de nombreuses personnes. En 2014, par exemple, l’autorité italienne de la concurrence a infligé une amende de plus de 180 millions d’euros à Roche et Novartis, qui s’étaient entendues pour favoriser le plus cher de leurs deux médicaments utilisés dans le traitement de maladies de l’oeil. De telles pratiques barrent l’accès à un traitement pour certaines catégories de patients et entraînent des coûts supplémentaires pour les systèmes nationaux de santé. Novartis a été exclue de l’univers d’investissement Triodos en raison du caractère répétitif de ces pratiques, incluant le fait de retarder la mise sur le marché de médicaments génériques moins coûteux pour les patients.

 

Corruption

Les faveurs accordées aux médecins en échange de la prescription de tel ou tel médicament ne datent pas d’hier. Certaines sociétés pharmaceutiques ont été pointées du doigt à de multiples reprises pour ces comportements non éthiques : c’est notamment le cas de Sanofi. Bien que cette société ait défini des politiques strictes en matière de lutte contre la corruption, elle a été impliquée dans de nombreux cas de corruption du corps médical en Chine, en Afrique et au Moyen-Orient. Elle n’est, en conséquence, plus éligible pour un investissement dans le cadre des fonds d’investissement durables distribués par la Banque Triodos ou de la gestion durable de patrimoine des clients Private Banking.

 

Les médicaments, une exception possible

La Banque Triodos accorde une grande importance au bien-être animal. Elle est donc opposée à l’expérimentation animale et refuse d’investir dans des entreprises qui y recourent sans y être légalement contraintes. Elle soutient, en revanche, celles qui encouragent des initiatives durables comme le Partenariat européen pour la promotion des méthodes de substitution à l’expérimentation animale (EPAA). La seule exception concerne les médicaments lorsqu’il n’existe aucune alternative fiable à l’expérimentation animale. Dans de tels cas néanmoins, l’entreprise est tenue d’avoir une politique claire fondée sur le principe des 3R : réduire, remplacer et affiner (reduce, replace, refine). À défaut, elle ne sera pas éligible pour un investissement. De la même manière, la Banque Triodos exclut de tout investissement potentiel les entreprises qui modifient génétiquement des animaux à des fins médicales alors que des alternatives existent. L’expérimentation animale et les manipulations génétiques font partie des sujets prioritaires de discussion avec les entreprises cotées, que ce soit lors du processus de sélection des entreprises par Triodos Research ou dans la phase de monitoring des entreprises faisant déjà partie de l’univers d’investissement Triodos. Chaque année, Triodos Research sélectionne également une série de thèmes qu’elle considère comme importants et au sujet desquels elle engage la discussion avec les entreprises dans le but de les sensibiliser et de les encourager à améliorer leurs performances. C’est un processus de longue haleine car les évolutions positives ne se concrétisent parfois que des années plus tard. En 2016, l’expérimentation animale et les manipulations génétiques ont fait partie de ces thèmes prioritaires.

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Durt Agnès Il y a 2 années

attention à la “rumeur”. A cause de la rumeur,de son influence sur les patients qui prenaient des “statines”, une enquête de la KUL a dénombré 3.000 décès de plus que l’année précédent cette rumeur diffamatoire!

Reply to Durt Agnès
Jean Laurent Il y a 2 années

Je pense que vous pointez un autre problème : la rumeur propagée par ceux qui lisent mal ce genre d’article ou qui ont un intérêt quelconque à diffamer l’industrie pharmaceutique. Quant au Vioxx, les tribunaux de plusieurs pays ont confirmé qu’il y avait eu tromperie volontaire et la firme a été condamnée.

Une banque n’a aucun intérêt à refuser d’investir dans cette industrie, qui fait des bénéfices plantureux, car elle y perd aussi. Si elle s’y résout, c’est qu’elle a des preuves sérieuses et non de simples rumeurs. Triodos pointe des mécanismes financiers et de marketing douteux. Tous les médicaments ont des effets nocifs s’ils sont mal utilisés. Les passer sous silence dans le but d’augmenter les ventes est une faute.

La compétence d’une banque est financière et Triodos y ajoute l’aspect éthique (le manque d’information aux patients à risque et les ententes pour faire monter les prix). Et sur ces points, elle émet des critiques justifiées et en tire des conséquences courageuses.

Pierrette Laffineuse Il y a 2 années

Merci pour votre vigilance et de prendre de telles décisions.

Reply to Pierrette Laffineuse
cfunari Il y a 2 années

Merci beaucoup pour votre soutien Pierrette ! Belle journée, Banque Triodos

Joachim Il y a 2 années

Bonjour,
Et encore, on ne connaît pas tout. On ne sait pas combien s’engraisse par de telles pratiques.

Nico Il y a 2 années

C’est malheureusement monnaie courante et en plus les prix des médicaments sont exorbitants : ils sont fixés parce qu’ils “sauvent” des vies et non pas sur les coûts de production… (à quoi servent nos impôts). Le pire c’est que la plupart des études sont faussées et les méthodes naturelles sont certainement plus efficaces. Idem sur les vaccins…
La plupart des médecins sont “formatés” et font une confiance aveugle à ce qu’ils ont appris pendant leurs études et ce qu’ils lisent dans les revues médicales (qui appartiennent au firmes pharmaceutiques bien entendu)
Renseignez-vous correctement (= pas chez les médecins “formatés” ni les médias officiels)

Angelo Il y a 2 années

J’apprécie le principe de votre action. C’est ce que j’attends d’une banque comme la vôtre. Serait-il possible de connaître les dix firmes exclues ?

François Bonheure Il y a 1 année

Bonjour,

“À ce jour, seules trois sociétés pharmaceutiques : Novo Nordisk, Roche et Merck KGaA (…) font encore partie de l’univers d’investissement Triodos.” Votre maintien de Roche est très surprenant au vu non seulement de son implication dans “l’affaire Avastin/Lucentis” mais aussi de ses agissements douteux en lien avec des essais cliniques menés en Afrique (cf. les travaux de Wemos, Somo et Public Eye). Ne serait-il pas temps de réévaluer votre position?


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