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Rencontre

À Charleroi, la maison des possibles

Confronté à un public issu de milieux très précarisés, le service d’aide en milieu ouvert de la cité carolo multiplie les projets permettant de raccommoder tant que faire se peut les liens familiaux et de raccrocher ces jeunes à la société.

Noyé au milieu des immeubles, le bâtiment de l’AJMO de Charleroi a des faux airs de maison de famille. Et des familles justement, les équipes de ce service spécialisé dans l’accompagnement des jeunes en milieu ouvert en voient défiler en nombre. « Nous offrons un suivi à des jeunes en difficultés, qui peut se faire tant dans un cadre individuel que familial. Notre mission est de les aider à résoudre des problèmes divers, qu’il s’agisse des relations entre parents et enfants, de décrochage scolaire ou encore de faits de violences conjugales », explique le directeur Vincent Léonard. A côté des rencontres d’écoute et d’orientation, l’AJMO a développé une multitude de projets permettant d’accueillir des jeunes âgés de 0 à 25 ans. Le module « Aire de familles », par exemple, cible plus particulièrement les enfants de 2 à 6 ans. « Chaque mardi, ces ateliers proposent des activités culturelles, du bricolage, de la cuisine, des sorties nature… », détaille notre interlocuteur.

« Par le biais de ces échanges ludiques, nous amenons les enfants et leurs parents à prendre du plaisir ensemble. Avec, à chaque fois, une dimension éducative car le jeu est aussi un moyen de faire passer des injonctions. Ils découvrent comment manger ensemble sans se prendre la tête. Les parents apprennent aussi à se faire respecter sans avoir à hurler ou encore comment mettre en place un rituel du coucher. Ce sont des petites choses qui peuvent avoir un effet de levier fondamental. Cela nous permet aussi de rompre l’isolement dans lequel ces familles, émanant généralement d’un milieu très défavorisé, se sont souvent cloisonnées. »

Il ne faut pas se voiler la face. Être jeune à Charleroi est plus compliqué qu’ailleurs car nous sommes en présence d’une population qui reste très précarisée.

– Vincent Léonard, AJMO

Construire des perspectives

Destiné aux 7-11 ans, le projet « Mille lieux de jeux… milieu de vie » s’inscrit dans cette même philosophie. Il s’agit ici de permettre aux enfants de s’essayer à diverses activités sportives ou culturelles. « Un mercredi après-midi sur deux, on leur propose de goûter à des loisirs auxquels ils n’auraient pas facilement accès. L’enjeu est double: d’une part que l’enfant prenne conscience que ce genre d’activité peut lui faire du bien; d’autre part, impliquer les parents pour qu’ils se rendent compte que leurs enfants ont besoin de s’épanouir en dehors du cercle familial. Une fois l’année écoulée, nous essayons de rendre pérenne l’activité sur laquelle l’enfant a porté son choix et de l’intégrer de façon naturelle dans la dynamique familiale. »

Aux ados, l’opération « Réalisateur en herbe » propose, quant à elle, de s’initier à la réalisation d’un court-métrage et, en partenariat avec des maisons de jeunes et des établissements scolaires de la région carolorégienne, de mettre sur pied de A à Z le « Festival du clap d’or » qui constitue le point d’orgue de ce travail de longue haleine. Une successstory qui sera bientôt dupliquée en France, dans la métropole lilloise. Voilà qui vaut bien un « Magritte » …

De son côté, l’action « Solidarcité » s’adresse à de jeunes adultes (de 16 à 25 ans) qui s’interrogent sur l’orientation à donner à leur vie. « On leur propose de participer bénévolement pendant une année à divers projets de services à la collectivité, entrecoupés de périodes de formation. Il s’agit, par exemple, de petits chantiers ou d’accompagner des personnes handicapées. En se confrontant à d’autres mondes, ils sont amenés à réfléchir sur leur propre situation. C’est un processus de maturation mais aussi de développement de l’estime de soi », insiste Vincent Léonard. Mais si les projets ne manquent pas, les obstacles non plus. À la quête perpétuelle de ressources financières s’ajoute la difficulté de prendre en charge des situations de plus en plus complexes. «Il n’est pas simple d’envisager un avenir positif avec des jeunes qui, pour un bon nombre d’entre eux, sont de plus en plus à la frange de la psychiatrie. On se trouve face à des familles éclatées, avec de nombreux enfants ‘cassés’ qui ont une avidité affective énorme. En outre, nous devons souvent pallier le fait que les divers services d’aide à la jeunesse sont saturés », déplore le directeur de l’AJMO. Le dos au mur, la seule option est d’aller de l’avant.

Presque une maison de famille…

Acheter ou déménager, c’est le choix auquel fut confrontée l’AJMO il y a cinq ans. « Le propriétaire voulait vendre et nous ne voulions pas quitter cette maison qui se situe dans un endroit propice, non loin des écoles », explique Vincent Léonard. « Je me suis donc tourné vers la Banque Triodos par conviction personnelle et celle-ci a accepté de nous aider pour l’achat du bâtiment. » Depuis lors, le n°29 de la rue Willy Ernst a connu plusieurs phases de rénovation bien nécessaires. La maison s’enrichira prochainement d’une toiture verte, transformée en terrasse et potagers partagés. L’occasion de développer un espace de convivialité et des pistes d’activités supplémentaires pour les jeunes de la région.

 

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