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Dossier

Des jeux et des hommes

Au n°76 chaussée d’Alsemberg, à Bruxelles, le visiteur qui pousse la porte de « Casse-Noisettes » ne trouvera pas que des jouets. Ici, on « vend » aussi du temps et de l’écoute; on partage des découvertes et des convictions.

La vitrine de la boutique ne paie pas de mine, mais ses coffres sont remplis de trésors. L’aventure a débuté en 1983, raconte Pascal Deru, le fondateur de « Casse-Noisettes » : « J’ai commencé  par fabriquer des jouets en bois puis, petit à petit, j’ai pris goût aux jeux de société pour adultes et aux jeux coopératifs. A mes yeux, ils représentent un vecteur de croissance humaine.»

Au fil du temps, le magasin a ainsi développé ses propres créations, vendues à plusieurs milliers d’exemplaires. Toujours en recherche de nouvelles découvertes, il propose aussi une offre plus classique. Mais avant de rejoindre les étagères de cette maison de ville transformée en labyrinthe ludique, chaque modèle de jouet a été préalablement testé, avec une attention particulière portée à sa qualité et sa provenance. Les productions issues de fabricants moins en phase avec ces principes ne sont pas boycottées, mais elles servent en quelque sorte de « portes d’entrée». « Quand la personne arrive, on peut ouvrir sa curiosité en lui proposant d’autres alternatives», glisse notre interlocuteur d’un air malicieux.

Cette ligne de conduite se traduit également dans l’accueil réservé au client. « Les personnes viennent avec leurs soucis, leur questionnement sur l’éducation, etc. Prendre le temps d’enlever le papier cellophane, de sortir le matériel et d’expliquer les règles, tout cela a du sens car c’est en étant à leur écoute l’on pourra leur ouvrir des champs neufs dans la relation avec leurs enfants », explique encore cet anthropologue de formation.

Ce qui nous intéresse c’est le bonheur et la joie de la famille qui vient à la recherche d’un jouet. Ce n’est pas simplement un objet que l’on vend pour être consommé.

Pascal Deru

Deux « héritières »

Mais le temps a passé et, à 62 ans, Pascal Deru a décidé que le moment était venu de transmettre « son bébé » pour se consacrer à l’autre pan de ses activités, qui consiste à animer des formations et des conférences sur la place du jeu dans les relations sociales.

Ce genre de passation, « c’est un peu une forme de deuil », reconnaît-il. « Il faut lâcher prise et faire confiance. La seule chose qui m’intéressait était de trouver des candidats qui reprennent la mesure humaniste de ‘Casse-Noisettes’. Et qui aient une fibre de joueur, forcément. »

Puis le hasard, ou presque, a jeté les dés. L’enthousiasme et la persévérance d’Astrid Goubin et Bika Gemis Van Enckevort l’ont convaincu que ces deux jeunes femmes étaient les bonnes personnes pour perpétuer l’esprit de la maison et lui apporter un nouveau souffle. Avec son aide, l’ancienne juriste et l’ex-graphiste se sont initiées à la gestion de ce navire toujours en mouvement. « Tout ici nous correspond, c’est un choix de vie fantastique», sourit Astrid.

Aux commandes depuis quelques mois, toutes deux souhaitent oeuvrer dans la continuité de « Casse-Noisettes » tout en y insufflant leurs propres envies, tournées notamment vers une offre étoffées de livres pour enfants et des ateliers créatifs. «On n’a aucune peur, on fera tout ce que l’on se sentira capables de faire», annoncent-elles en choeur. La recette, c’est la passion.

Une passation en douceur et en longueur

Après avoir convaincu le maître des lieux de leur capacité à perpétuer l’âme de « Casse-Noisettes », Astrid et Bika ont dû faire preuve d’opiniâtreté pour lever les réticences du monde bancaire. Aucune des démarches entamées au printemps 2013 n’ayant abouti, elles ont refusé de baisser les bras et se sont plongées dans le « chaos et la folie » de la haute saison du jouet (de novembre à décembre) en compagnie de Pascal Deru. Une épreuve du feu au bilan positif, qui a permis de débloquer leur situation. «Là, nous avons eu le choix et nous nous sommes tournées vers la banque Triodos. Elle n’offrait pas forcément les meilleures conditions, mais c’est la seule à s’être intéressée vraiment à notre projet et dont un représentant est venu nous voir ici. Nous partageons un état d’esprit et un attachement à certaines valeurs ».

Gestionnaire de ce dossier à la banque Triodos, Cédric Dorcimont a de son côté été séduit par le jusqu’au-boutisme des deux jeunes femmes, mais aussi par la confiance et le soutien manifestés par le fondateur de « Casse-Noisettes » envers ses deux « héritières ».

www.casse-noisettes.be

 

 

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